Les principaux types d’alopécie sont l’alopécie androgénétique (la calvitie dite « héréditaire », chez l’homme comme chez la femme), la pelade, les alopécies cicatricielles, l’alopécie de traction et l’effluvium télogène. On les reconnaît surtout à la forme de la zone dégarnie, à la vitesse d’apparition, à l’aspect du cuir chevelu et aux circonstances de la chute. Seules certaines de ces formes, au premier rang desquelles l’alopécie androgénétique stabilisée, peuvent relever d’une greffe de cheveux.
À retenir
- Le mot « alopécie » désigne toute raréfaction ou absence de cheveux, quelle qu’en soit la cause : il existe donc plusieurs maladies très différentes derrière ce terme.
- On distingue les alopécies non cicatricielles (le follicule reste vivant, une repousse est possible) et les alopécies cicatricielles (le follicule est détruit, la perte est définitive).
- L’alopécie androgénétique se classe avec l’échelle de Hamilton-Norwood chez l’homme et celle de Ludwig chez la femme.
- Pelade, effluvium télogène et alopécie de traction débutante sont souvent réversibles : ils relèvent d’un diagnostic et d’un traitement médical, pas d’une greffe en première intention.
- La greffe s’adresse surtout à l’alopécie androgénétique stabilisée avec une zone donneuse suffisante, et parfois à des séquelles définitives (traction ancienne, cicatrice éteinte) après avis spécialisé.
- Un examen par un médecin, idéalement un dermatologue, reste indispensable avant toute décision : l’aspect seul peut tromper.
Qu’appelle-t-on alopécie et pourquoi faut-il distinguer ses différents types ?
L’alopécie est un terme médical générique qui désigne une diminution, partielle ou complète, de la pilosité, le plus souvent au niveau du cuir chevelu. Distinguer les types d’alopécie est essentiel, car chacun a une cause, une évolution et une réponse aux traitements qui lui sont propres.
Dans le langage courant, on emploie souvent indifféremment « chute de cheveux », « calvitie » et « alopécie ». Pourtant, une personne qui perd des poignées de cheveux trois mois après une forte fièvre ne souffre pas du tout de la même affection qu’un homme dont les golfes temporaux se creusent lentement depuis ses vingt-cinq ans. La première situation se résout le plus souvent spontanément ; la seconde progresse au fil des années. Confondre les deux conduit soit à s’inquiéter inutilement, soit, à l’inverse, à laisser évoluer une maladie qui aurait mérité une consultation rapide.
Chute de cheveux, calvitie, alopécie : trois mots, trois réalités
La chute de cheveux décrit un phénomène : des cheveux tombent, en plus ou moins grand nombre. Elle peut être parfaitement physiologique. Le service de santé britannique rappelle ainsi qu’il est normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour, souvent sans même s’en apercevoir. Pour mieux situer ce seuil, vous pouvez consulter notre article sur le nombre de cheveux perdus chaque jour.
La calvitie, au sens habituel, désigne le dégarnissement progressif et durable lié à l’alopécie androgénétique. Le cuir chevelu devient visible sur le dessus de la tête ou au niveau des tempes, et la zone concernée s’étend avec le temps.
L’alopécie, enfin, est le terme médical qui englobe toutes les situations où la densité capillaire diminue, quelle que soit la cause. Parler de « types d’alopécie » revient donc à classer ces situations selon leur mécanisme.
Deux grandes familles : alopécies non cicatricielles et cicatricielles
La classification la plus utile en pratique sépare les alopécies selon le sort du follicule pileux, cette petite structure de la peau qui fabrique le cheveu. Si vous souhaitez comprendre son fonctionnement, notre article sur la structure du cheveu et du follicule détaille son anatomie.
- Alopécies non cicatricielles : le follicule est toujours présent et vivant, même s’il produit un cheveu plus fin, s’il est mis au repos ou s’il est temporairement bloqué. Le cuir chevelu garde ses orifices folliculaires visibles. Une repousse est théoriquement possible, spontanément ou grâce à un traitement. C’est le cas de l’alopécie androgénétique, de la pelade, de l’effluvium télogène et de l’alopécie de traction à ses débuts.
- Alopécies cicatricielles : une inflammation détruit le follicule et le remplace par un tissu fibreux. La peau devient lisse, parfois brillante, et les orifices folliculaires disparaissent. La perte est définitive dans la zone atteinte. L’objectif du traitement est alors de stopper la progression, pas de faire repousser ce qui a disparu.
Cette distinction a une conséquence directe pour la suite : elle conditionne à la fois l’urgence de la consultation et la place éventuelle d’une greffe.
Comment distinguer rapidement les principaux types d’alopécie ?
Quelques critères simples permettent d’orienter : la localisation de la perte, sa vitesse d’installation, l’aspect du cuir chevelu et la présence ou non d’un facteur déclenchant. Le tableau ci-dessous résume ces repères, qui ne remplacent en aucun cas un examen médical.
| Type d’alopécie | Localisation typique | Installation | Aspect du cuir chevelu | Réversibilité |
|---|---|---|---|---|
| Androgénétique masculine | Golfes temporaux, sommet du crâne (vertex) | Lente, sur des années | Normal, cheveux de plus en plus fins | Progressive, peut être freinée |
| Androgénétique féminine | Dessus du crâne, raie qui s’élargit, ligne frontale conservée | Lente, souvent aggravée à certaines périodes hormonales | Normal, diminution diffuse du volume | Progressive, peut être freinée |
| Pelade (alopecia areata) | Plaques rondes ou ovales, cuir chevelu, barbe, sourcils | Rapide, en quelques jours ou semaines | Lisse, sans cicatrice, sans desquamation | Repousse fréquente, rechutes possibles |
| Cicatricielle | Variable : plaques, bordure frontale, sommet | Variable, parfois insidieuse | Lisse, brillant, orifices absents, rougeur ou squames autour | Définitive dans la zone détruite |
| De traction | Bordure frontale et temporale, zones tirées par la coiffure | Lente, liée aux habitudes de coiffage | Cheveux cassés, parfois petits boutons | Réversible au début, définitive si ancienne |
| Effluvium télogène | Diffuse, sur toute la tête | Brutale, deux à trois mois après un événement | Normal | Repousse habituelle en quelques mois |
L’Académie américaine de dermatologie présente d’ailleurs une liste comparable des principaux types de perte de cheveux et insiste sur un point : obtenir le bon diagnostic est la condition d’un traitement adapté. Les sections suivantes reprennent chacun de ces types en détail.
Comment reconnaître une alopécie androgénétique chez l’homme ?
L’alopécie androgénétique masculine se reconnaît à un dégarnissement progressif qui suit un schéma assez prévisible : recul des tempes, puis éclaircissement du sommet du crâne, avec une couronne de cheveux préservée à l’arrière et sur les côtés. C’est de loin la cause la plus fréquente de perte de cheveux chez l’homme.
Un mécanisme hormonal et génétique
Cette forme d’alopécie résulte de la sensibilité de certains follicules à la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone. Chez les personnes génétiquement prédisposées, les follicules du dessus du crâne réagissent à cette hormone en se miniaturisant : à chaque nouveau cycle, le cheveu produit est plus court, plus fin et moins pigmenté. La phase de croissance raccourcit, si bien que le cheveu n’a plus le temps d’atteindre sa longueur habituelle. Pour comprendre ce raccourcissement, notre article sur les trois phases du cycle de vie du cheveu explique le rôle des phases anagène, catagène et télogène.
Les follicules situés à l’arrière et sur les côtés du crâne sont, chez la plupart des hommes, beaucoup moins sensibles à la DHT. C’est la raison pour laquelle cette zone, dite « donneuse », reste fournie même chez des hommes très dégarnis, et c’est précisément elle que l’on utilise lors d’une greffe.
L’échelle de Hamilton-Norwood stade par stade
Pour décrire l’étendue de la calvitie masculine, les médecins utilisent le plus souvent la classification de Hamilton, modifiée par Norwood. Elle comprend sept stades principaux, complétés par des variantes.
- Stade I : ligne frontale adolescente, pas ou très peu de recul. Il ne s’agit pas encore d’une alopécie.
- Stade II : léger recul triangulaire des tempes, la ligne frontale reste globalement en place. Ce stade correspond souvent à la « maturation » normale de la ligne frontale chez l’adulte.
- Stade III : golfes temporaux nettement creusés. C’est le premier stade considéré comme une véritable calvitie. Une variante, dite « III vertex », associe un recul limité des tempes à un début d’éclaircissement du sommet.
- Stade IV : golfes plus profonds et zone dégarnie au sommet, encore séparées par une bande de cheveux sur le dessus.
- Stade V : la bande qui sépare le devant et le sommet s’amincit et se clairsème.
- Stade VI : la bande disparaît, la zone frontale et le sommet ne forment plus qu’une seule surface dégarnie.
- Stade VII : seule persiste une couronne de cheveux en fer à cheval sur les côtés et à l’arrière, souvent plus étroite et moins dense.
Il existe aussi des variantes « A » (stades IIa à Va), dans lesquelles le recul progresse d’avant en arrière, de manière plus uniforme, sans laisser de touffe frontale isolée. Ces nuances ont leur importance pour planifier une éventuelle restauration, car la répartition des cheveux restants n’est pas la même.
Les signes qui orientent vers une calvitie androgénétique
- Des antécédents familiaux de calvitie, du côté paternel comme maternel.
- Une évolution lente, sur des années, sans épisode de chute massive.
- Des cheveux de diamètres très variables sur le dessus du crâne, certains fins et duveteux, d’autres normaux.
- Un cuir chevelu d’aspect normal, sans rougeur, sans plaques, sans croûtes.
- Une couronne arrière et latérale bien conservée.
Pour aller plus loin sur les causes et les spécificités masculines, notre dossier consacré à la perte de cheveux chez les hommes complète cette présentation.
Comment se manifeste l’alopécie androgénétique chez la femme ?
Chez la femme, l’alopécie androgénétique se traduit le plus souvent par une raréfaction diffuse du dessus du crâne, avec une raie qui s’élargit, alors que la ligne frontale reste en général en place. Le résultat est une perte de volume plutôt qu’une zone totalement chauve.
On parle souvent d’alopécie de « distribution féminine ». Le mécanisme associe, comme chez l’homme, une prédisposition génétique et une miniaturisation progressive des follicules, mais le rôle exact des hormones est plus complexe et varie d’une femme à l’autre. Certaines périodes de la vie, comme l’après-grossesse ou la ménopause, peuvent coïncider avec une aggravation visible.
L’échelle de Ludwig et ses équivalents
La classification la plus connue pour décrire la forme féminine est celle de Ludwig, qui distingue trois grades.
- Grade I : éclaircissement discret du dessus du crâne, visible surtout lorsque l’on écarte les cheveux ou que l’on observe la raie.
- Grade II : raréfaction nettement visible, la raie s’élargit, le cuir chevelu apparaît sous un éclairage direct.
- Grade III : dégarnissement marqué du dessus du crâne, avec une densité très faible, tout en conservant habituellement une frange frontale.
D’autres échelles existent, notamment celle de Sinclair, qui compte cinq grades et s’appuie sur l’aspect de la raie médiane, ou celle de Savin. Elles poursuivent le même objectif : quantifier l’étendue de la perte pour suivre son évolution et adapter le traitement.
Une démarche diagnostique plus large chez la femme
Chez une femme qui perd ses cheveux, le médecin recherche plus systématiquement d’autres causes qui peuvent coexister : carence en fer, trouble thyroïdien, signes d’excès d’hormones masculines (acné, règles irrégulières, pilosité excessive), effluvium télogène associé. Une même patiente peut d’ailleurs cumuler une alopécie androgénétique débutante et un effluvium transitoire, ce qui brouille le tableau. Notre article sur la perte de cheveux chez les femmes revient sur ces causes spécifiques.
Qu’est-ce que la pelade (alopecia areata) et comment la reconnaître ?
La pelade, ou alopecia areata, est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux follicules pileux, sans les détruire. Elle se reconnaît typiquement à une ou plusieurs plaques rondes ou ovales, totalement dépourvues de cheveux, apparues en quelques jours ou semaines sur une peau d’aspect normal.
Les signes caractéristiques
- Des plaques bien délimitées : rondes ou ovales, de la taille d’une pièce de monnaie ou plus, sur le cuir chevelu, mais aussi parfois dans la barbe, les sourcils ou les cils.
- Une peau lisse : ni rougeur marquée, ni squames, ni cicatrice. Les orifices folliculaires restent visibles à la loupe.
- Des cheveux « en point d’exclamation » : en bordure des plaques, on observe parfois de courts cheveux cassés, plus étroits à la base qu’à l’extrémité. Ce signe, recherché par le dermatologue, est très évocateur d’une pelade active.
- Des anomalies des ongles : de petites dépressions ponctuées (aspect en « dé à coudre ») ou des stries peuvent accompagner la maladie.
- Une apparition imprévisible : l’Académie américaine de dermatologie souligne qu’une perte de cheveux en plaques, imprévisible, est un signe fréquent de la pelade, qui débute souvent chez l’enfant ou l’adulte jeune mais peut survenir à tout âge.
Les différentes formes de pelade
La pelade se présente sous plusieurs formes, de gravité très variable.
- Pelade en plaques : la forme la plus courante, avec une ou quelques plaques limitées.
- Pelade ophiasique : la perte suit la bordure du cuir chevelu, au niveau de la nuque et au-dessus des oreilles, en bandeau. Elle est souvent plus tenace.
- Pelade diffuse : forme plus rare, sans plaques nettes, qui peut être confondue avec un effluvium télogène.
- Pelade totale : perte de l’ensemble des cheveux du cuir chevelu.
- Pelade universelle : perte de l’ensemble des poils du corps, y compris cils et sourcils.
Dans la barbe, la pelade se manifeste par des zones glabres arrondies, parfois isolées, parfois associées à des plaques du cuir chevelu. Notre article sur l’alopécie de la barbe détaille cette localisation particulière.
Une évolution capricieuse
L’évolution de la pelade est imprévisible. Les cheveux repoussent souvent, parfois d’abord fins et blancs avant de retrouver leur couleur et leur texture, mais des rechutes sont fréquentes, y compris après des années de rémission. Les formes étendues peuvent être plus durables. Le choix d’un traitement relève du dermatologue ; de nouvelles molécules sont apparues ces dernières années, comme celle présentée dans notre article sur l’Olumiant dans le traitement de l’alopécie. L’objet de cet article n’est pas de comparer ces traitements, mais de retenir une idée clé : comme le follicule reste vivant et que la maladie est active ou susceptible de récidiver, la pelade ne relève pas d’une greffe.
Que sont les alopécies cicatricielles et pourquoi faut-il consulter rapidement ?
Les alopécies cicatricielles regroupent des maladies inflammatoires qui détruisent définitivement les follicules et les remplacent par du tissu fibreux. Elles imposent une consultation dermatologique rapide, car tout cheveu perdu dans une zone détruite ne repoussera pas, et seul un traitement précoce peut limiter l’extension.
Les principales formes
- Le lichen plan pilaire : rougeur et petites squames autour des cheveux, démangeaisons ou sensations de brûlure, plaques dégarnies qui s’étendent lentement.
- L’alopécie frontale fibrosante : recul progressif de la ligne frontale et des tempes, en bande, souvent associé à une perte des sourcils. Elle touche surtout des femmes après la ménopause, mais pas uniquement. L’Académie américaine de dermatologie mentionne la perte des sourcils comme un signe fréquent de cette forme.
- L’alopécie cicatricielle centrale centrifuge : elle débute au sommet du crâne et s’étend en cercle. Elle est plus souvent décrite chez des femmes d’ascendance africaine.
- Le lupus discoïde : plaques rouges, squameuses, parfois pigmentées ou dépigmentées, qui laissent une cicatrice.
- La folliculite décalvante : inflammation avec pustules et croûtes, évoluant par poussées, qui laisse des zones cicatricielles où les cheveux restants poussent parfois groupés en touffes.
Les signes d’alerte
Certains signes doivent faire consulter sans attendre plutôt que de supposer une simple calvitie :
- une peau devenue lisse, brillante, sans orifices visibles dans la zone dégarnie ;
- des démangeaisons, des brûlures ou des douleurs du cuir chevelu ;
- une rougeur, des squames ou des croûtes autour des cheveux ;
- des pustules répétées ;
- une perte des sourcils associée à un recul de la ligne frontale ;
- une plaque qui s’agrandit malgré le temps.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, la dermoscopie du cuir chevelu et, très souvent, une biopsie. C’est l’une des rares situations où un prélèvement de peau est presque systématique.
Et la greffe dans les alopécies cicatricielles ?
Une greffe ne peut être discutée que dans des cas sélectionnés : lorsque la maladie est éteinte, c’est-à-dire sans aucun signe d’activité depuis une période prolongée (souvent un à deux ans au minimum, selon l’avis du dermatologue), et que la zone cicatricielle est assez vascularisée pour accueillir des greffons. Même dans ces conditions, la prise des greffons est généralement moins bonne que dans une calvitie classique et une réactivation de la maladie reste possible. La décision se prend en concertation entre le dermatologue et le chirurgien, après information claire sur ces incertitudes. Les cicatrices d’origine traumatique ou chirurgicale obéissent à une logique un peu différente et doivent aussi être évaluées au cas par cas.
Comment reconnaître une alopécie de traction ?
L’alopécie de traction est due à une tension répétée et prolongée sur les cheveux, liée à certaines coiffures. Elle se reconnaît à un dégarnissement localisé aux zones les plus tirées, en particulier la bordure frontale et les tempes.
Les coiffures en cause sont bien identifiées : tresses serrées, nattes collées, chignons et queues-de-cheval très tendus, extensions et tissages, port prolongé de bigoudis. L’Académie américaine de dermatologie décrit comme premiers signes des cheveux cassés autour du front, un recul de la ligne frontale et des plaques là où les cheveux sont tirés. Une douleur, des picotements, des croûtes ou un aspect de peau « soulevée en tente » sous la coiffure sont des avertissements.
Les indices qui orientent
- Une perte située exactement là où la coiffure exerce une traction.
- La persistance fréquente d’une fine rangée de petits cheveux tout au bord de la ligne frontale, alors que la zone juste en arrière est dégarnie (signe dit « de la frange »).
- Des petits boutons ou une rougeur à la racine des cheveux tirés.
- Des habitudes de coiffage maintenues pendant des années.
Réversible au début, définitive à terme
Prise tôt, l’alopécie de traction est réversible : il suffit souvent de relâcher la tension et de varier les coiffures pour que les cheveux repoussent. Mais si la traction se poursuit pendant des années, les follicules finissent par s’atrophier et la perte devient définitive. À ce stade, et seulement une fois les habitudes de coiffage corrigées, une greffe peut être envisagée, car l’arrière du crâne est généralement préservé. Le chirurgien vérifiera que la zone receveuse n’est plus soumise à aucune traction, faute de quoi les cheveux greffés subiraient le même sort.
Qu’est-ce que l’effluvium télogène et comment le différencier d’une calvitie ?
L’effluvium télogène est une chute diffuse et soudaine de cheveux, déclenchée par un événement qui pousse un grand nombre de follicules à entrer simultanément en phase de repos. Il se distingue d’une calvitie par son caractère brutal, sa répartition sur toute la tête et, dans la grande majorité des cas, sa résolution spontanée.
Un décalage de deux à trois mois
Le mécanisme explique un point qui déroute souvent : la chute survient en général deux à trois mois après l’événement déclencheur. Les follicules basculent en phase de repos au moment du choc, puis les cheveux concernés tombent à la fin de cette phase, lorsqu’un nouveau cheveu commence à pousser en dessous. Les déclencheurs fréquents sont :
- une forte fièvre ou une infection sévère ;
- un accouchement (chute du post-partum) ;
- une intervention chirurgicale ou une anesthésie générale ;
- un régime amaigrissant rapide ou une perte de poids importante ;
- une carence en fer ;
- un stress psychologique intense ;
- l’arrêt ou le début de certains médicaments, dont certaines contraceptions hormonales ;
- un trouble de la thyroïde.
Le service de santé britannique classe d’ailleurs ces pertes liées à une maladie, au stress, à une perte de poids ou à une carence en fer parmi les formes temporaires, les cheveux repoussant le plus souvent lorsque la cause est réglée.
Comment le reconnaître
- Des cheveux qui tombent en quantité inhabituelle, au lavage, au brossage ou sur l’oreiller.
- Des cheveux tombés qui portent à leur base un petit renflement blanc : c’est la racine du cheveu en phase de repos.
- Une diminution globale du volume, sans zone chauve nette.
- Un test de traction positif : en tirant doucement sur une mèche, le médecin ramène plus de cheveux que la normale.
- Un événement identifiable dans les mois précédents.
Effluvium aigu, effluvium chronique
Dans sa forme aiguë, la chute dure en général quelques mois, puis la repousse prend le relais. Il faut ensuite du temps pour que les nouveaux cheveux atteignent une longueur suffisante et que le volume revienne. Lorsque la chute se prolonge au-delà de six mois, on parle d’effluvium télogène chronique, qui justifie un bilan plus approfondi et la recherche d’une alopécie androgénétique sous-jacente que l’effluvium aurait révélée.
Quelles autres causes de perte de cheveux faut-il connaître ?
En dehors des grands types déjà décrits, d’autres causes plus rares peuvent entraîner une perte de cheveux et doivent être écartées par le médecin. Elles relèvent toutes d’une prise en compte médicale spécifique, et aucune n’est une indication de greffe en première intention.
- La trichotillomanie : arrachage compulsif des cheveux, souvent inconscient, qui laisse des plaques irrégulières avec des cheveux cassés à différentes longueurs. Elle relève d’un accompagnement psychologique.
- La teigne du cuir chevelu : infection par un champignon, surtout chez l’enfant, avec des plaques squameuses et des cheveux cassés courts. Elle se traite par antifongiques.
- L’effluvium anagène : chute massive et rapide de cheveux en pleine croissance, typiquement lors de certaines chimiothérapies. La repousse est habituelle après l’arrêt du traitement.
- Les causes endocriniennes et nutritionnelles : troubles de la thyroïde, carences marquées, certaines maladies générales.
- Les alopécies d’origine médicamenteuse : certains traitements peuvent favoriser une chute ; leur modification éventuelle se discute toujours avec le médecin prescripteur.
- Les dysplasies pilaires congénitales : anomalies rares de la structure du cheveu, présentes dès l’enfance.
Quels examens permettent de poser le bon diagnostic ?
Le diagnostic d’une alopécie repose avant tout sur l’interrogatoire et l’examen du cuir chevelu par un médecin, complétés si besoin par quelques examens simples. Dans la plupart des cas, aucune exploration lourde n’est nécessaire.
L’interrogatoire
Le médecin vous demandera depuis quand la perte a commencé, à quelle vitesse, si elle est diffuse ou localisée, s’il existe des antécédents familiaux, des maladies récentes, des changements de traitement, un régime, une grossesse, un stress important, et quelles sont vos habitudes de coiffage. Ces questions, en apparence banales, orientent fortement le diagnostic.
L’examen clinique et la trichoscopie
L’examen à l’œil nu évalue la répartition de la perte et l’aspect de la peau. La trichoscopie, c’est-à-dire l’examen du cuir chevelu au dermatoscope, une loupe éclairante grossissante, apporte énormément d’informations : variabilité du diamètre des cheveux dans l’alopécie androgénétique, points jaunes et cheveux en point d’exclamation dans la pelade, disparition des orifices dans les formes cicatricielles, squames périfolliculaires dans le lichen plan pilaire.
Les tests et examens complémentaires
- Le test de traction : traction douce sur une mèche pour évaluer l’intensité de la chute.
- Le trichogramme : analyse au microscope des racines de cheveux prélevés, pour estimer la proportion de cheveux en croissance et au repos. Il est moins utilisé depuis la diffusion de la trichoscopie.
- La prise de sang : selon le contexte, recherche d’une carence en fer (ferritine), d’un trouble thyroïdien, parfois d’un déséquilibre hormonal.
- La biopsie du cuir chevelu : petit prélèvement sous anesthésie locale, indispensable en cas de suspicion d’alopécie cicatricielle ou de diagnostic incertain.
Quels types d’alopécie relèvent d’une greffe de cheveux ?
La greffe de cheveux s’adresse principalement à l’alopécie androgénétique stabilisée, chez une personne dont la zone donneuse est suffisante et dont les attentes sont réalistes. Les autres types d’alopécie ne sont concernés que dans des situations précises, et certains en sont exclus.
Le principe de la greffe consiste à déplacer des follicules prélevés dans la zone donneuse, résistante à la calvitie, vers les zones dégarnies. Ces follicules sont prélevés et implantés sous forme d’unités folliculaires, des groupes naturels de un à quatre cheveux : notre article sur le nombre de cheveux par unité folliculaire explique pourquoi cette notion est déterminante. Une greffe ne crée donc pas de nouveaux cheveux : elle redistribue un capital existant. Si la cause de l’alopécie risque d’attaquer aussi les cheveux greffés, ou si une repousse spontanée est probable, la greffe n’a pas de sens.
| Type d’alopécie | Greffe envisageable ? | Conditions et remarques |
|---|---|---|
| Androgénétique masculine | Oui, indication principale | Zone donneuse suffisante, évolution évaluée, projet tenant compte de la perte future |
| Androgénétique féminine | Parfois | Zone donneuse stable et dense, perte localisée plutôt que très diffuse, bilan préalable |
| Pelade | Non | Maladie auto-immune active ou récidivante, repousse spontanée possible |
| Cicatricielle | Exceptionnellement | Maladie éteinte depuis longtemps, accord du dermatologue, prise des greffons incertaine |
| De traction | Oui, au stade définitif | Après arrêt total des coiffures en cause et recul suffisant |
| Effluvium télogène | Non | Repousse habituelle ; une calvitie sous-jacente doit être recherchée |
| Trichotillomanie, teigne | Non | Traitement de la cause |
Les conditions communes à toute indication
- Un diagnostic posé : on ne greffe pas une alopécie dont on ignore la cause.
- Une zone donneuse suffisante : densité et surface adaptées aux besoins. Lorsque l’arrière du crâne est limité, d’autres sites sont parfois discutés, comme expliqué dans notre article sur les zones donneuses de la barbe et du torse.
- Une évolution prise en compte : chez un homme jeune, la calvitie continue souvent de progresser. Le plan doit anticiper cette évolution, ce qui explique les réserves sur une greffe très précoce, abordées dans notre article sur l’âge pour faire une greffe de cheveux.
- Des attentes réalistes : une greffe améliore la couverture, elle ne restitue pas la densité d’origine. Les facteurs qui influencent le résultat sont détaillés dans notre article sur le taux de réussite d’une greffe de cheveux.
- Un état de santé compatible : bilan médical, traitements en cours, contre-indications éventuelles évalués lors de la consultation.
Pourquoi la greffe ne convient pas à la pelade ou à l’effluvium
Dans la pelade, la réaction immunitaire peut atteindre n’importe quel follicule, y compris les follicules greffés, et la maladie peut récidiver. Par ailleurs, une repousse spontanée reste possible, ce qui rendrait la chirurgie inutile. Dans l’effluvium télogène, le follicule n’est pas perdu : il est simplement au repos et reprendra son activité. Opérer reviendrait à prélever des cheveux sains pour combler un vide transitoire. Dans les deux cas, la priorité est le diagnostic et le traitement médical. Les approches non chirurgicales de la calvitie, comme le minoxidil, le finastéride ou le PRP, sont présentées dans notre article consacré aux alternatives à la greffe de cheveux.
La question de la durabilité
Dans l’alopécie androgénétique, les follicules prélevés dans la zone donneuse conservent en règle générale leur résistance à la DHT après implantation. C’est ce qui permet d’espérer une tenue durable des cheveux greffés, sans garantie absolue, tandis que les cheveux natifs voisins peuvent continuer à s’affiner. Ce sujet est développé dans notre article sur le caractère définitif des cheveux greffés. Pour une vue d’ensemble du parcours, de la consultation au résultat, vous pouvez aussi consulter notre guide complet de la greffe capillaire en Tunisie ou la page dédiée à la greffe capillaire en Tunisie.
À quoi ressemblent ces différents profils dans la vie réelle ?
Les profils ci-dessous sont des exemples fictifs, construits pour illustrer la démarche de reconnaissance. Ils ne remplacent pas une consultation et ne préjugent d’aucun diagnostic individuel.
Profil 1 : Karim, 34 ans, golfes qui se creusent (exemple fictif)
Karim constate depuis cinq ou six ans que ses tempes reculent. Son père et son grand-père maternel étaient dégarnis. Il n’a jamais perdu de cheveux par poignées, son cuir chevelu est normal, et l’on observe sur le dessus de son crâne un mélange de cheveux épais et de cheveux plus fins. Le tableau évoque une alopécie androgénétique, au stade III de Hamilton-Norwood. Le médecin évalue sa zone donneuse, discute avec lui de la probable évolution dans les années à venir et des options possibles, médicales ou chirurgicales, en insistant sur la nécessité d’un plan à long terme.
Profil 2 : Sonia, 29 ans, chute brutale trois mois après un accouchement (exemple fictif)
Sonia perd des quantités importantes de cheveux au lavage depuis quelques semaines. Elle a accouché trois mois plus tôt. La perte est diffuse, sans zone chauve, et les cheveux tombés présentent un petit bulbe blanc. Le tableau évoque un effluvium télogène du post-partum. Le médecin vérifie l’absence de carence en fer ou de trouble thyroïdien et la rassure sur l’évolution habituellement favorable. Une greffe n’est pas indiquée. Si la chute persistait au-delà de six mois, une réévaluation serait proposée.
Profil 3 : Yanis, 22 ans, plaque ronde dans la barbe (exemple fictif)
Yanis remarque une plaque parfaitement ronde, lisse, sans poils, apparue en deux semaines dans sa barbe. Deux autres petites plaques sont visibles sur son cuir chevelu. Le dermatologue observe quelques poils en point d’exclamation en bordure. Le tableau évoque une pelade. Un traitement médical peut être discuté selon l’étendue ; la chirurgie n’a pas de place.
Profil 4 : Fatou, 41 ans, recul de la bordure frontale (exemple fictif)
Fatou porte depuis l’adolescence des tresses très serrées et des extensions. Sa ligne frontale et ses tempes se sont dégarnies progressivement, avec une fine frange de petits cheveux au bord. Le tableau évoque une alopécie de traction ancienne. Le dermatologue élimine une alopécie cicatricielle, notamment une alopécie frontale fibrosante, qui peut lui ressembler. Après plusieurs mois sans coiffure tirée et en l’absence de repousse, une greffe peut être discutée.
Que noter avant de consulter pour une perte de cheveux ?
Préparer sa consultation permet au médecin de gagner du temps et d’affiner son diagnostic. Quelques informations simples, notées à l’avance, sont souvent décisives.
- La date approximative du début de la perte et sa vitesse d’évolution.
- La localisation : tempes, sommet, raie, plaques, bordure, ensemble de la tête.
- Les événements des six derniers mois : maladie, fièvre, chirurgie, accouchement, régime, stress important.
- Les traitements pris, commencés ou arrêtés récemment, y compris les compléments alimentaires.
- Les antécédents familiaux de calvitie ou de maladies auto-immunes.
- Les symptômes du cuir chevelu : démangeaisons, brûlures, douleur, rougeurs, croûtes.
- L’état des sourcils, des cils, de la barbe et des ongles.
- Vos habitudes de coiffage : tresses, extensions, chignons, lissages, produits chimiques.
- Des photos datées, prises dans les mêmes conditions de lumière, qui montrent l’évolution.
- Les résultats d’éventuels bilans sanguins déjà réalisés.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Certaines situations justifient de ne pas attendre : une plaque qui apparaît brutalement, des symptômes du cuir chevelu (douleur, brûlures, démangeaisons intenses), une perte des sourcils, une peau lisse et brillante dans la zone dégarnie, une chute massive associée à de la fatigue ou à d’autres signes généraux, ou une perte de cheveux chez un enfant.
Quelles erreurs retardent le plus souvent le bon diagnostic ?
Les erreurs les plus fréquentes consistent à attribuer toute perte de cheveux à la calvitie, ou à l’inverse à banaliser des signes inflammatoires. Les connaître permet d’éviter des mois de traitements inadaptés.
- Tout mettre sur le compte de l’hérédité : une calvitie familiale n’exclut pas une autre cause associée, comme une carence ou un effluvium.
- S’alarmer d’une chute saisonnière ou d’un effluvium : une chute diffuse et brutale est souvent transitoire et ne signifie pas une calvitie définitive.
- Ignorer les démangeaisons et les rougeurs : elles peuvent signaler une alopécie cicatricielle débutante, dont le pronostic dépend de la rapidité du traitement.
- Accumuler les produits sans diagnostic : shampooings, lotions et compléments achetés au hasard retardent souvent la consultation sans effet sur la cause.
- Envisager une greffe trop tôt : opérer une alopécie mal identifiée ou encore très évolutive expose à un résultat décevant.
- Négliger les coiffures : continuer à porter des coiffures tirées malgré les premiers signes transforme une alopécie réversible en perte définitive.
Le rôle de chaque professionnel
Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur : il peut examiner le cuir chevelu, prescrire un bilan sanguin et orienter. Le dermatologue intervient pour confirmer le diagnostic, réaliser une trichoscopie ou une biopsie et proposer un traitement médical. Le chirurgien spécialisé en restauration capillaire évalue, dans un second temps, la faisabilité d’une greffe lorsque le diagnostic d’une alopécie compatible est établi. Le service de santé britannique recommande d’ailleurs de consulter un médecin avant de s’adresser à un centre commercial de traitement capillaire.
Ce que la classification ne dit pas
Les échelles de Hamilton-Norwood ou de Ludwig décrivent une étendue à un instant donné. Elles ne disent rien de la vitesse d’évolution, de la qualité des cheveux restants, de leur diamètre, de leur couleur par rapport à la peau, ni de la densité de la zone donneuse. Deux personnes classées au même stade peuvent donc avoir des besoins et des possibilités très différents. C’est pour cette raison qu’un projet de greffe repose toujours sur un examen individuel et non sur un simple stade.
Comment évolue chaque type d’alopécie dans le temps ?
Chaque type d’alopécie suit une trajectoire qui lui est propre : progressive pour la forme androgénétique, par poussées pour la pelade et certaines formes cicatricielles, transitoire pour l’effluvium. Connaître cette trajectoire aide à comprendre pourquoi le moment de la décision compte autant que le diagnostic lui-même.
Une évolution continue pour la forme androgénétique
L’alopécie androgénétique ne s’arrête pas d’elle-même à un stade donné. Sa vitesse varie beaucoup d’une personne à l’autre : certains hommes restent des années au stade III, d’autres passent rapidement à des stades plus avancés. Plus elle débute tôt, plus elle risque, en général, d’évoluer loin. Chez la femme, la progression est souvent plus lente et plus diffuse, mais elle aussi se poursuit sans traitement. Cette évolution continue explique deux principes : un traitement médical, lorsqu’il est indiqué, vise surtout à ralentir la perte ; une éventuelle greffe doit être pensée en tenant compte des zones qui se dégarniront plus tard.
Une évolution par poussées pour la pelade
La pelade alterne périodes d’activité et périodes de calme. Une plaque peut repousser pendant qu’une autre apparaît ailleurs. Il est fréquent qu’un premier épisode limité guérisse complètement, puis qu’une récidive survienne des mois ou des années plus tard. Cette imprévisibilité est une raison supplémentaire de ne pas envisager de chirurgie.
Une évolution silencieuse pour les formes cicatricielles
Certaines alopécies cicatricielles progressent lentement, presque sans symptômes, ce qui retarde leur reconnaissance. D’autres évoluent par poussées inflammatoires. Dans tous les cas, ce qui est détruit l’est définitivement, d’où l’intérêt d’un suivi dermatologique régulier pour vérifier que la maladie est contrôlée.
Une évolution transitoire pour l’effluvium
L’effluvium télogène aigu suit un schéma typique : chute pendant quelques semaines à quelques mois, puis repousse progressive. Les nouveaux cheveux mettent ensuite du temps à rattraper la longueur des autres, ce qui peut donner l’impression d’une chevelure moins fournie pendant plusieurs mois encore. La vitesse de pousse des cheveux, qui conditionne cette récupération, est développée dans notre article sur la vitesse de pousse des cheveux.
Récapitulatif des repères de surveillance
| Type d’alopécie | Ce qui doit alerter | Rythme de suivi habituel |
|---|---|---|
| Androgénétique | Progression rapide, perte associée à d’autres signes hormonaux | Photos comparatives, consultation selon le traitement |
| Pelade | Extension des plaques, atteinte des cils ou sourcils, perte totale | Suivi dermatologique selon l’étendue |
| Cicatricielle | Symptômes persistants, plaque qui s’agrandit | Suivi dermatologique rapproché |
| De traction | Perte qui continue malgré le changement de coiffure | Réévaluation après plusieurs mois |
| Effluvium télogène | Chute au-delà de six mois, zone chauve nette | Réévaluation si la chute persiste |
Peut-on présenter plusieurs types d’alopécie en même temps ?
Oui, plusieurs types d’alopécie peuvent coexister chez une même personne, et cette association est plus fréquente qu’on ne l’imagine. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’autodiagnostic à partir de photos ou de descriptions trouvées en ligne est si peu fiable.
Les associations les plus courantes sont les suivantes :
- Alopécie androgénétique et effluvium télogène : un effluvium peut révéler ou accélérer visuellement une calvitie débutante. Lorsque la chute aiguë se calme, le dégarnissement androgénétique reste visible.
- Alopécie androgénétique et alopécie frontale fibrosante : chez certaines femmes, les deux coexistent, ce qui complique l’interprétation d’un recul frontal.
- Alopécie de traction et alopécie cicatricielle : une traction prolongée peut s’accompagner d’une inflammation chronique, et une alopécie cicatricielle peut être confondue avec une traction ancienne.
- Pelade et autres maladies auto-immunes : la pelade peut être associée à des troubles thyroïdiens auto-immuns ou à d’autres affections, que le médecin peut rechercher selon le contexte.
Lorsque plusieurs mécanismes se superposent, le médecin hiérarchise : traiter d’abord ce qui est actif ou réversible, puis réévaluer. Un projet de greffe, s’il est envisagé, ne vient qu’après cette étape.
Les types d’alopécie touchent-ils aussi la barbe et les sourcils ?
Oui, certaines alopécies ne se limitent pas au cuir chevelu : la pelade peut toucher la barbe, les sourcils et les cils, et l’alopécie frontale fibrosante s’accompagne souvent d’une perte des sourcils. L’alopécie androgénétique, en revanche, ne concerne pas la barbe, qui tend même souvent à s’épaissir avec les androgènes.
Une barbe clairsemée depuis toujours n’est pas une alopécie au sens médical : il s’agit le plus souvent d’une caractéristique génétique. Une perte récente, en plaques, oriente au contraire vers une pelade et justifie une consultation. Des sourcils qui se raréfient sur leur partie externe doivent faire penser, selon le contexte, à un trouble thyroïdien, à une alopécie frontale fibrosante ou à des épilations répétées. Là encore, l’examen médical tranche.
Cette distinction compte aussi pour les projets de restauration de la barbe ou des sourcils : comme pour le cuir chevelu, une greffe n’est envisageable que pour une perte définitive et stabilisée, jamais pour une pelade active.
Si vous souhaitez savoir si votre type d’alopécie peut relever d’une greffe de cheveux, vous pouvez transmettre vos photos et vos informations médicales via notre formulaire de demande de devis personnalisé. Votre dossier sera étudié par un chirurgien, qui pourra vous orienter, le cas échéant, vers un avis dermatologique préalable.
Questions fréquentes
La calvitie peut-elle sauter une génération ?
L’alopécie androgénétique a une composante génétique complexe, qui fait intervenir plusieurs gènes transmis par les deux parents. Il n’existe donc pas de règle simple selon laquelle elle « sauterait » une génération ou viendrait uniquement du côté maternel. Un homme peut être dégarni alors que son père ne l’est pas, et inversement. Les antécédents familiaux orientent le diagnostic, mais ne permettent pas de prédire avec précision l’évolution individuelle.
Le stress peut-il provoquer une calvitie définitive ?
Un stress intense peut déclencher un effluvium télogène, c’est-à-dire une chute diffuse survenant quelques mois plus tard, généralement suivie d’une repousse. Il peut aussi favoriser une poussée de pelade chez une personne prédisposée. En revanche, le stress ne crée pas à lui seul une alopécie androgénétique. S’il semble l’aggraver, c’est souvent parce qu’un effluvium se superpose temporairement à une calvitie déjà présente.
Porter une casquette fait-il tomber les cheveux ?
Porter une casquette ou un chapeau de manière habituelle ne provoque pas d’alopécie androgénétique. Seuls des couvre-chefs très serrés, portés en permanence sur des cheveux tirés en arrière, peuvent favoriser une alopécie de traction par frottement et tension. Pour la grande majorité des personnes, une casquette correctement ajustée n’a aucun effet sur la densité capillaire, à condition de garder une bonne hygiène du cuir chevelu.
Les cheveux qui tombent avec un bulbe blanc signifient-ils une calvitie ?
Le petit renflement blanc visible à la base d’un cheveu tombé correspond à une racine en phase de repos. C’est un aspect tout à fait normal, que l’on retrouve sur les cheveux perdus chaque jour. Il ne signifie pas que le follicule est mort : un nouveau cheveu prendra en principe le relais. Une quantité inhabituelle de ces cheveux évoque plutôt un effluvium télogène qu’une calvitie.
Un enfant peut-il souffrir d’alopécie ?
Oui, mais les causes ne sont pas les mêmes que chez l’adulte. Chez l’enfant, on pense surtout à la pelade, à la teigne du cuir chevelu, une infection due à un champignon, et à la trichotillomanie. L’alopécie androgénétique est exceptionnelle avant la puberté. Toute perte de cheveux chez un enfant justifie une consultation médicale, car certaines causes, comme la teigne, nécessitent un traitement spécifique et peuvent être contagieuses.
Une alopécie peut-elle être le signe d’une autre maladie ?
Parfois. Une chute diffuse peut révéler une carence en fer, un trouble de la thyroïde ou une maladie générale. Une pelade peut s’associer à d’autres affections auto-immunes. Certaines alopécies cicatricielles s’intègrent dans une maladie de la peau plus large, comme le lupus. C’est pour cette raison que le médecin interroge sur l’état de santé global et peut prescrire un bilan sanguin selon le contexte.
Faut-il couper ses cheveux courts pour limiter la chute ?
Couper ses cheveux ne modifie pas le nombre de cheveux qui tombent, puisque la chute dépend du cycle du follicule et non de la longueur. Des cheveux plus courts donnent simplement moins l’impression d’une perte importante, car chaque cheveu tombé est moins visible. Une coupe adaptée peut en revanche améliorer l’aspect d’une chevelure clairsemée et réduire la tension exercée par des coiffures lourdes ou attachées.
Une photo suffit-elle pour savoir quel type d’alopécie on a ?
Des photos de bonne qualité aident beaucoup à une première orientation, en particulier pour estimer un stade de calvitie et évaluer la zone donneuse dans le cadre d’un projet de greffe. Elles ne remplacent pas l’examen direct, la trichoscopie ni, si besoin, la biopsie. Certaines alopécies cicatricielles ou formes diffuses de pelade passent inaperçues sur une simple photo, d’où l’intérêt d’une consultation médicale.
Les femmes peuvent-elles avoir un recul des tempes comme les hommes ?
Certaines femmes présentent un léger recul des tempes, notamment après la ménopause, mais la forme féminine typique touche plutôt le dessus du crâne en conservant la ligne frontale. Un recul frontal net chez une femme doit faire rechercher une alopécie frontale fibrosante, une alopécie de traction ou un excès d’hormones masculines. Un avis dermatologique est recommandé pour distinguer ces situations.