Avoir des prothèses mammaires n’empêche pas le dépistage du cancer du sein : la mammographie reste possible, avec des clichés supplémentaires réalisés selon la technique d’Eklund, qui repousse l’implant pour mieux voir la glande. Il suffit de prévenir le centre de radiologie lors de la prise de rendez-vous puis le manipulateur avant l’examen. Selon les cas, l’échographie et l’IRM complètent la mammographie, notamment pour vérifier l’état des implants.
À retenir
- Les femmes porteuses d’implants mammaires suivent le même calendrier de dépistage que les autres, sauf avis contraire de leur médecin.
- Des incidences dites d’Eklund, où l’implant est repoussé vers le thorax et la glande tirée vers l’avant, s’ajoutent aux clichés habituels.
- L’implant peut masquer une partie de la glande : l’échographie est souvent associée, et l’IRM est l’examen de référence pour rechercher une rupture d’implant en silicone.
- Prévenez le centre dès la prise de rendez-vous et apportez votre carte d’implant et vos anciens examens.
- La rupture d’un implant pendant une mammographie est très rare, mais c’est une raison de plus pour signaler vos prothèses.
Peut-on passer une mammographie avec des prothèses mammaires ?
Oui, une mammographie est tout à fait réalisable avec des prothèses mammaires, qu’elles soient en silicone ou en sérum physiologique, placées devant ou derrière le muscle. L’examen est simplement adapté : il comporte davantage de clichés et une technique de positionnement particulière.
L’American Cancer Society rappelle que les femmes porteuses d’implants doivent continuer à réaliser leurs mammographies de dépistage, sauf si le tissu mammaire a été retiré par une mastectomie bilatérale avant la pose des implants (American Cancer Society, mammographie et implants mammaires). Autrement dit, porter des implants ne dispense pas du dépistage, et le dépistage ne contre-indique pas les implants.
Pourquoi les implants compliquent l’examen
Les implants ne laissent pas passer les rayons X de la même manière que la glande. Sur les clichés, ils apparaissent comme une zone opaque qui peut masquer la partie de la glande située devant ou derrière eux. L’American Cancer Society précise que les implants en silicone comme ceux en sérum physiologique peuvent rendre plus difficile la visualisation du tissu mammaire. Le radiologue doit donc compenser cette zone « cachée » par des incidences spécifiques et, au besoin, par d’autres examens.
Ce que cela change pour vous
- Un examen un peu plus long, avec plus de clichés.
- Une compression adaptée, réglée pour ne pas comprimer directement l’implant.
- Parfois une échographie complémentaire le même jour.
- Un compte rendu qui mentionne la présence des implants, leur aspect et, si besoin, les limites de l’examen.
Comment se déroule une mammographie avec des implants ?
L’examen comprend les clichés habituels de chaque sein, puis des clichés supplémentaires selon la technique d’Eklund. Le manipulateur positionne chaque sein avec soin et adapte la compression à la présence de l’implant.
Les clichés standard
Comme pour toute mammographie, deux incidences sont réalisées pour chaque sein : une incidence de face (dite cranio-caudale, le sein comprimé de haut en bas) et une incidence oblique (le sein comprimé en biais, en incluant le prolongement vers l’aisselle). Avec des implants, ces clichés incluent la prothèse et montrent sa forme et sa position, mais une partie de la glande peut être superposée à l’implant.
Les incidences d’Eklund
La technique dite d’Eklund, ou incidence avec déplacement de l’implant, a été décrite à la fin des années 1980. Le manipulateur repousse l’implant vers l’arrière, contre la paroi thoracique, puis tire la glande vers l’avant, au-dessus de l’implant, avant de la comprimer. Ainsi, la glande est mieux étalée et l’implant sort en grande partie du champ de compression.
Selon l’American Cancer Society, les femmes porteuses d’implants bénéficient en général de quatre clichés supplémentaires, deux par sein, en plus des quatre clichés standard, soit huit images au total. Ces incidences permettent de mieux voir la partie antérieure de la glande.
Les situations où l’Eklund est plus difficile
Les incidences avec déplacement de l’implant sont plus difficiles à réaliser et peuvent être inconfortables lorsque la capsule s’est durcie autour de l’implant (contracture capsulaire). L’American Cancer Society indique aussi qu’elles sont plus faciles lorsque l’implant est placé sous le muscle pectoral. Lorsqu’une coque est présente, la glande se laisse moins bien tirer vers l’avant, et le radiologue peut s’appuyer davantage sur l’échographie.
Pour comprendre la coque et ses traitements, voir notre article sur la contracture capsulaire, ses causes et traitements. Si vous vous demandez si la fermeté de vos seins est normale après une augmentation récente, notre article sur les seins durs après une augmentation aide à faire la différence.
| Étape | Ce qui se passe | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|---|
| Prise de rendez-vous | Le centre note la présence d’implants et prévoit un créneau adapté | Signaler vos implants, leur type et leur ancienneté |
| Accueil | Le manipulateur vérifie les informations et votre historique | Apporter votre carte d’implant et vos anciens examens |
| Clichés standard | Deux incidences par sein, implant inclus | Signaler toute douleur pendant la compression |
| Incidences d’Eklund | Implant repoussé, glande tirée vers l’avant, compression adaptée | Rester détendue, indiquer une gêne inhabituelle |
| Examens complémentaires | Échographie le même jour si le radiologue le juge utile | Mentionner toute anomalie ressentie (masse, gonflement) |
| Compte rendu | Description de la glande, des implants et des limites éventuelles | Conserver le compte rendu et les images pour les prochains examens |
Que voit le radiologue sur les implants eux-mêmes ?
En plus de la glande, le radiologue observe l’implant : sa forme, son contour, sa position et la capsule qui l’entoure. La mammographie n’est pas l’examen de référence pour juger l’intégrité d’un implant, mais elle peut révéler certaines anomalies qui orientent vers un examen complémentaire.
Sur les clichés, un implant en silicone apparaît comme une zone très dense, aux contours nets et réguliers. Un implant en sérum physiologique est un peu moins dense et laisse parfois deviner sa valve. Le radiologue compare l’aspect des deux côtés et avec les examens précédents.
Les aspects fréquents et le plus souvent sans gravité
- Des plis ou ondulations de l’enveloppe, qui reflètent la souplesse de l’implant.
- Des calcifications de la capsule, plus fréquentes autour d’implants anciens.
- Une légère asymétrie de position entre les deux implants.
- Une capsule visible comme un fin liseré autour de l’implant.
Les aspects qui font demander un complément
- Un contour irrégulier ou déformé de l’implant.
- Des images évocatrices de silicone en dehors de la capsule, dans la glande ou parfois dans les ganglions de l’aisselle.
- Une modification nette de la forme ou du volume par rapport à l’examen précédent.
- Une masse ou un épanchement autour de l’implant.
Ces constatations ne signifient pas forcément une complication grave, mais elles conduisent en général à une échographie et, si besoin, à une IRM. Le compte rendu les décrit et propose la suite à donner.
Pourquoi faut-il prévenir le radiologue avant l’examen ?
Prévenir le centre de radiologie permet de prévoir un créneau suffisant, un manipulateur habitué aux implants et un protocole adapté. Cela réduit aussi le risque, très rare, d’abîmer l’implant pendant la compression.
L’American Cancer Society recommande de mentionner les implants dès la prise de rendez-vous, pour s’assurer que le centre a l’expérience de ces examens, puis de le rappeler au manipulateur avant le début de la mammographie. Elle précise que, très rarement, la mammographie peut provoquer la rupture d’un implant, ce qui explique l’importance de cette information.
Les informations utiles à transmettre
- Le type d’implant : gel de silicone ou sérum physiologique, surface lisse ou texturée.
- Le plan de pose : devant la glande ou derrière le muscle.
- La date de pose et, le cas échéant, des changements d’implants.
- Les interventions associées : lifting, réduction, lipofilling.
- Les symptômes éventuels : douleur, gonflement, modification de forme, masse.
- Vos antécédents personnels et familiaux de cancer du sein.
Le plan de pose a une influence directe sur la facilité des incidences d’Eklund ; ses autres implications sont détaillées dans notre article sur la prothèse placée sous ou devant le muscle.
À quoi sert la carte d’implant lors du dépistage ?
La carte d’implant, ou le document de traçabilité remis après l’intervention, indique le fabricant, le modèle, le volume, la référence et le numéro de lot ou de série de chaque implant. Lors d’un examen d’imagerie, elle permet au radiologue de savoir exactement ce qu’il observe.
Ces informations sont utiles au radiologue pour interpréter l’aspect de l’implant, au chirurgien en cas de réintervention, et à vous-même si une information de sécurité concernant un modèle d’implant était diffusée. Elles sont aussi précieuses lorsque l’on vous demande si vos implants sont lisses ou texturés.
Ce que doit contenir votre dossier
- La carte d’implant ou les étiquettes de traçabilité des implants.
- Le compte rendu opératoire, avec le plan de pose et la voie d’abord.
- La date de l’intervention et les coordonnées de l’équipe.
- Les comptes rendus et images des examens mammaires antérieurs.
Si vous avez été opérée à l’étranger, demandez systématiquement ces documents avant votre retour, si possible dans une langue que votre radiologue peut lire. En cas de perte, l’équipe qui vous a opérée peut en général retrouver les références dans votre dossier. Notre article sur les signes à vérifier sur ses implants mammaires complète ces conseils de suivi.
Quand l’échographie est-elle utile en complément ?
L’échographie est l’examen complémentaire le plus courant chez les femmes porteuses d’implants. Elle n’utilise pas de rayons X, ne comprime pas l’implant et permet d’explorer la glande autour de la prothèse ainsi que l’implant lui-même.
Elle est particulièrement utile lorsque la glande est dense, lorsqu’une zone reste mal visible à la mammographie, lorsqu’une anomalie est palpée, ou lorsqu’un épanchement autour de l’implant est suspecté. Le radiologue peut aussi examiner les ganglions de l’aisselle.
Ce que l’échographie peut montrer
- Une lésion dans la glande, notamment dans une zone masquée par l’implant à la mammographie.
- Un épanchement de liquide autour de l’implant.
- Des signes évocateurs de rupture, avec des limites selon le type de rupture.
- L’état des ganglions de l’aisselle.
- Des plis de l’enveloppe de l’implant, souvent sans gravité.
L’échographie pour surveiller l’intégrité des implants
La FDA, sur les risques et complications des implants mammaires, indique que l’échographie est une alternative acceptable pour le dépistage d’une rupture chez une patiente sans symptôme. Elle reste dépendante de l’expérience de l’opérateur et de l’appareil utilisé. En cas de doute, une IRM peut être demandée.
Les limites de l’échographie
L’échographie ne remplace pas la mammographie dans le dépistage, car elle voit moins bien certaines lésions, en particulier les microcalcifications, qui peuvent être un signe précoce de cancer. Elle explore aussi plus difficilement la partie de la glande située derrière un implant placé devant le muscle. Ses résultats dépendent de l’appareil, du temps consacré à l’examen et de l’expérience de l’échographiste. C’est pourquoi les deux examens sont le plus souvent associés plutôt qu’opposés : la mammographie apporte une vue d’ensemble et les calcifications, l’échographie précise les zones masquées et les images douteuses. Si l’échographie montre une image suspecte, une biopsie guidée peut être proposée ; elle se fait alors en prenant soin d’éviter l’implant, avec une aiguille dont le trajet est contrôlé en temps réel à l’écran.
Dans quels cas une IRM est-elle demandée ?
L’IRM mammaire est demandée principalement pour deux raisons chez une femme porteuse d’implants : rechercher une rupture d’implant en silicone, ou compléter le bilan d’une anomalie mammaire, notamment chez certaines femmes à risque élevé de cancer du sein. Elle ne remplace pas la mammographie de dépistage chez toutes les femmes.
L’IRM pour rechercher une rupture
Une rupture d’implant en silicone peut être « silencieuse », c’est-à-dire sans symptôme, car le gel reste parfois contenu dans la capsule. Selon la FDA, l’IRM est la méthode la plus efficace pour détecter une rupture silencieuse d’un implant en gel de silicone. Cet examen peut se faire sans injection de produit de contraste lorsque l’objectif est uniquement l’intégrité de l’implant. Les signes et la prise en charge d’une rupture sont décrits dans notre article sur les ruptures d’implants mammaires.
Le rythme de cette surveillance dépend des recommandations du fabricant, des pratiques de votre pays et de l’avis de votre chirurgien ou de votre radiologue. La FDA rappelle que les implants ne sont pas des dispositifs à vie et que la probabilité de complication, dont la rupture, augmente avec le temps.
L’IRM dans le dépistage du cancer
Lorsque l’IRM est utilisée pour rechercher une lésion de la glande, elle nécessite en général une injection de produit de contraste. Elle est réservée à certaines situations : risque élevé de cancer du sein (antécédents familiaux importants, prédisposition génétique), bilan d’une anomalie difficile à caractériser, ou situations particulières décidées par le radiologue ou l’oncologue. Pour ces femmes, le protocole de surveillance est défini par une équipe spécialisée.
Les contre-indications et limites de l’IRM
- Certains dispositifs métalliques ou électroniques peuvent contre-indiquer l’IRM : signalez-les.
- Le produit de contraste demande une vérification préalable de la fonction rénale et des allergies.
- Les implants à valve ou certains expandeurs utilisés en reconstruction peuvent contenir du métal : le centre doit en être informé.
- L’examen est plus long et se fait allongée sur le ventre, ce qui peut être inconfortable.
Quel examen choisir selon votre situation ?
Le choix des examens dépend de votre âge, de vos antécédents, de vos symptômes éventuels et de la question posée. Le tableau ci-dessous résume les grandes orientations ; il ne remplace pas la prescription de votre médecin ou l’avis du radiologue.
| Situation | Examen habituellement proposé | Objectif principal |
|---|---|---|
| Dépistage selon l’âge, sans symptôme | Mammographie avec incidences d’Eklund, échographie selon la densité | Détecter précocement une lésion de la glande |
| Glande dense ou zone mal visible | Mammographie et échographie | Explorer la glande masquée par l’implant ou la densité |
| Femme jeune, avant l’âge du dépistage, sans symptôme | Pas d’examen systématique, sauf indication médicale | Suivi clinique |
| Masse palpable ou anomalie ressentie | Échographie, mammographie selon l’âge, parfois biopsie | Caractériser l’anomalie |
| Suspicion de rupture d’implant en silicone | Échographie puis IRM si besoin | Vérifier l’intégrité de l’implant |
| Gonflement tardif d’un sein | Échographie, ponction éventuelle du liquide | Rechercher un épanchement et sa cause |
| Risque élevé de cancer du sein | Protocole défini par l’équipe spécialisée, souvent avec IRM | Surveillance renforcée |
| Avant une réintervention sur les implants | Bilan d’imagerie adapté | Faire le point avant l’intervention |
Le bilan d’imagerie avant une réintervention est détaillé dans notre article sur les examens avant un changement de prothèses.
Le dépistage organisé s’applique-t-il aux femmes porteuses d’implants ?
Oui. Les femmes porteuses d’implants suivent en principe le même programme de dépistage que les autres femmes de leur âge, que ce soit en France, en Belgique, en Suisse ou au Canada. Les modalités (âge de début, rythme, examens) sont fixées par chaque pays et peuvent évoluer.
La présence d’implants ne fait pas sortir du programme, mais elle peut modifier le déroulement de l’examen : clichés supplémentaires, échographie complémentaire, et parfois un centre mieux équipé pour les implants. Votre médecin traitant ou votre gynécologue vous indiquera le calendrier applicable dans votre pays et si un suivi différent est justifié par vos antécédents.
Les situations qui justifient un suivi différent
- Antécédents personnels de cancer du sein ou de lésion à risque.
- Antécédents familiaux importants ou prédisposition génétique connue.
- Irradiation thoracique dans l’enfance ou l’adolescence.
- Reconstruction mammaire après cancer, dont le suivi est défini par l’équipe d’oncologie.
Dans ces situations, l’avis de l’oncologue ou du médecin qui vous suit prime toujours sur les recommandations générales.
Avant une augmentation mammaire
Selon votre âge et vos antécédents, un bilan d’imagerie peut être demandé avant la pose d’implants. Il sert de point de départ et permet de vérifier l’absence d’anomalie avant l’intervention. Ce bilan initial facilite aussi la comparaison lors des examens ultérieurs. Le choix de la technique peut tenir compte de la surveillance future, un aspect évoqué dans notre article sur la forme initiale de la poitrine et le choix opératoire.
La compression peut-elle abîmer une prothèse mammaire ?
La rupture d’un implant pendant une mammographie est très rare. Les manipulateurs adaptent la compression lorsqu’ils savent que des implants sont présents, et les incidences d’Eklund sont conçues pour sortir l’implant du champ de compression.
L’American Cancer Society mentionne que, très rarement, la mammographie peut provoquer la rupture d’un implant. Ce risque ne doit pas faire renoncer au dépistage, dont le bénéfice est établi, mais il justifie de toujours signaler ses implants et de réaliser l’examen dans un centre habitué.
La douleur pendant l’examen
La compression peut être désagréable, avec ou sans implants. Elle peut être plus inconfortable en présence d’une coque ou dans les semaines qui suivent une intervention. Prévenez le manipulateur si la douleur devient importante : il peut ajuster la compression. Certaines femmes préfèrent programmer l’examen à un moment du cycle où les seins sont moins sensibles, ce dont vous pouvez parler avec votre médecin.
Après l’examen
Il est exceptionnel qu’une mammographie modifie la forme ou la consistance d’un implant. Si vous constatez dans les jours qui suivent une modification de la forme d’un sein, une douleur inhabituelle ou un gonflement, consultez votre médecin ou votre chirurgien.
Qu’en est-il après une reconstruction mammaire par implant ?
La situation est différente après une reconstruction suivant un cancer du sein : le suivi est défini par l’équipe d’oncologie, en fonction du type de chirurgie, des traitements reçus et du risque propre à chaque patiente. Les règles générales de cet article ne s’y appliquent pas telles quelles.
L’American Cancer Society précise que la mammographie de dépistage n’est pas nécessaire lorsque le tissu mammaire a été retiré par une mastectomie bilatérale avant la pose des implants. Après une mastectomie d’un seul côté, le sein restant continue en revanche d’être surveillé. Entre ces deux situations, de nombreuses variantes existent (mastectomie avec conservation de la peau ou de l’aréole, tumorectomie avec remodelage, symétrisation du sein opposé) et chacune appelle un suivi adapté.
Ce qu’il faut retenir dans ce contexte
- Le calendrier de surveillance est fixé par l’oncologue ou l’équipe qui vous suit, et il prime sur toute recommandation générale.
- Le sein opposé, s’il a reçu un implant de symétrisation, suit en général les règles applicables à un sein avec implant.
- Toute anomalie sur le sein reconstruit (nodule, rougeur, gonflement) doit être signalée rapidement à l’équipe.
- Les expandeurs utilisés en début de reconstruction peuvent contenir une partie métallique : l’IRM n’est alors possible qu’après vérification.
Notre article sur la préparation d’une reconstruction avec expandeur décrit cette étape du parcours. Pour les questions de surveillance, l’avis de votre équipe d’oncologie reste la référence.
Pourquoi conserver et comparer ses anciens examens ?
La comparaison avec les examens précédents est l’un des outils les plus précieux du radiologue. Elle permet de distinguer une image ancienne et stable, le plus souvent bénigne, d’une image nouvelle qui mérite d’être explorée.
Chez les femmes porteuses d’implants, cette comparaison est encore plus utile : calcifications de capsule, plis de l’enveloppe, remaniements après lipofilling ou cicatrices internes peuvent prendre des aspects inhabituels. Lorsqu’ils sont présents depuis plusieurs années sans changement, ils inquiètent beaucoup moins. Sans examen de référence, le radiologue peut au contraire être amené à demander des contrôles supplémentaires.
Comment organiser vos archives
- Demander systématiquement les images, sur support numérique ou via un accès en ligne, en plus du compte rendu.
- Classer les examens par date, avec les comptes rendus opératoires de vos interventions mammaires.
- Apporter au moins le dernier examen, et idéalement le premier réalisé après la pose des implants.
- Garder une copie de ces documents si vous changez de centre ou de pays.
Cette organisation simple évite des examens inutiles et rend chaque nouveau contrôle plus fiable.
Combien de temps après une augmentation peut-on faire une mammographie ?
Il n’existe pas de délai unique ; il est en général conseillé d’attendre la fin de la cicatrisation et la diminution de l’œdème avant un examen de dépistage programmé. Un examen motivé par un symptôme, en revanche, ne doit pas être différé.
Dans les premiers mois, les tissus sont encore remaniés, la compression peut être douloureuse, et l’interprétation peut être gênée par l’œdème ou des remaniements post-opératoires. Votre chirurgien et votre radiologue peuvent vous conseiller sur le meilleur moment pour un premier examen de référence après la pose.
Pendant la grossesse et l’allaitement
Pendant la grossesse et l’allaitement, l’échographie est en général l’examen de première intention en cas de symptôme. La mammographie de dépistage est souvent reportée, sauf indication médicale. Les transformations des seins avec des implants pendant cette période sont traitées dans notre article sur les prothèses mammaires et la grossesse, et l’allaitement dans notre article sur l’augmentation mammaire et l’allaitement.
Le lipofilling ou un lifting associé change-t-il l’interprétation ?
Oui, en partie. Un lipofilling, un lifting ou une réduction mammaire laissent des remaniements dans la glande que le radiologue doit connaître pour les interpréter correctement. Signaler ces interventions évite des examens complémentaires inutiles.
Après un lipofilling, une partie de la graisse injectée peut former de petits kystes huileux ou des calcifications, généralement d’aspect bénin et reconnaissable par un radiologue expérimenté. Ce sujet est développé dans notre article sur le lipofilling des seins et la mammographie. La graisse étant prélevée sur d’autres zones du corps, par exemple lors d’une liposuccion des flancs chez la femme, il est utile de préciser aussi la date de ce geste.
Les remaniements à signaler
- Cicatrices internes d’un lifting ou d’une réduction, qui peuvent prendre un aspect irrégulier.
- Calcifications de la capsule autour d’implants anciens.
- Kystes huileux ou cytostéatonécrose après lipofilling.
- Restes de capsule après un changement ou un retrait d’implants.
Si vous avez fait retirer vos implants, le suivi redevient en principe celui d’une femme sans implant, avec des particularités liées à l’intervention ; voir notre article sur l’explantation mammaire sans remplacement.
Comment se préparer concrètement au rendez-vous ?
Une bonne préparation rend l’examen plus simple, plus rapide et plus fiable. Elle tient en quelques gestes : prévenir, rassembler ses documents, choisir le bon moment et s’habiller en conséquence.
Check-list avant l’examen
- Signaler vos implants dès l’appel ou la réservation en ligne, en précisant leur type si vous le connaissez.
- Rassembler votre carte d’implant, le compte rendu opératoire et vos anciens examens (comptes rendus et images).
- Noter les dates de vos interventions mammaires, y compris un lipofilling, un lifting ou un changement d’implants.
- Préparer la liste des symptômes éventuels, même discrets : douleur, gonflement, changement de forme.
- Choisir si possible une période où les seins sont moins sensibles.
- Porter une tenue en deux parties pour ne retirer que le haut.
- Éviter crèmes, talc et déodorant sur les seins et les aisselles le jour de l’examen, selon les consignes du centre.
Les questions à poser au radiologue
- Les incidences d’Eklund ont-elles pu être réalisées des deux côtés ?
- Certaines zones de la glande sont-elles restées mal visibles ?
- Une échographie complémentaire est-elle utile aujourd’hui ?
- Les implants vous paraissent-ils intacts sur ces images, et faut-il un autre examen pour le vérifier ?
- Quand dois-je refaire un examen ?
Le radiologue répond dans la limite de ce que montrent les images ; certaines questions, comme le changement éventuel des implants, relèvent ensuite de votre chirurgien.
Comment lire le compte rendu d’imagerie quand on a des implants ?
Le compte rendu décrit la glande, les implants et conclut par une classification qui oriente la suite : surveillance habituelle, contrôle rapproché ou examen complémentaire. La mention des implants et des éventuelles limites de l’examen y figure en général.
La plupart des centres utilisent une classification standardisée, dite ACR ou BI-RADS, qui range les examens en catégories allant de l’examen normal ou bénin jusqu’aux images nécessitant une biopsie. Cette classification concerne la glande ; l’état des implants est décrit à part. Le compte rendu peut aussi mentionner la densité mammaire, qui influence la sensibilité de la mammographie et peut justifier une échographie.
Les mentions fréquentes chez les femmes porteuses d’implants
| Mention | Signification générale | Suite habituelle |
|---|---|---|
| Implants en place, sans anomalie visible | Pas de signe d’anomalie des implants sur cet examen | Suivi habituel |
| Examen limité par les implants | Certaines zones de la glande moins bien visibles | Échographie complémentaire ou avis du médecin |
| Calcifications capsulaires | Dépôts calcaires sur la capsule, fréquents avec le temps | En général simple surveillance |
| Plis de l’enveloppe | Aspect lié à la souplesse de l’implant | En général sans conséquence |
| Suspicion de rupture | Images évoquant une fissure de l’enveloppe | Échographie et/ou IRM, avis chirurgical |
| Épanchement péri-prothétique | Liquide autour de l’implant | Bilan complémentaire, parfois ponction |
Ne restez pas seule face à un compte rendu que vous ne comprenez pas : votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre chirurgien peuvent vous l’expliquer et décider de la suite.
Quelles idées reçues circulent sur les implants et le dépistage ?
Plusieurs idées reçues découragent certaines femmes de faire leur mammographie ou, à l’inverse, les inquiètent inutilement. Les corriger aide à suivre un dépistage serein et régulier.
« Avec des implants, la mammographie ne sert à rien »
C’est faux. L’implant masque une partie de la glande, mais les incidences d’Eklund et l’échographie compensent en grande partie cette limite. Le dépistage garde tout son intérêt, et les sociétés savantes comme l’American Cancer Society recommandent de le poursuivre.
« La mammographie va faire éclater mes implants »
La rupture pendant l’examen est très rare, surtout lorsque le centre est prévenu et adapte la compression. Ce risque ne justifie pas de renoncer au dépistage.
« Une IRM chaque année remplace la mammographie »
L’IRM a des indications précises : rupture d’implant en silicone, bilan de certaines anomalies, surveillance des femmes à risque élevé. Elle ne remplace pas systématiquement la mammographie de dépistage, qui reste l’examen de base dans la plupart des situations.
« Les implants augmentent le risque de cancer du sein »
Le lymphome associé aux implants est une maladie distincte et rare, qui ne correspond pas au cancer du sein habituel. Pour le cancer du sein lui-même, le dépistage suit les mêmes règles que chez les femmes sans implant. Toute question sur votre risque personnel se discute avec votre médecin.
« On n’a plus besoin de se surveiller entre deux examens »
Le dépistage ne dispense pas de consulter en cas de symptôme. Une masse, un gonflement tardif ou une modification de la peau justifient un avis médical, quel que soit le délai depuis le dernier examen.
Quels signes doivent amener à consulter entre deux examens ?
Le dépistage ne remplace pas l’attention portée à ses seins entre deux examens. Toute modification nouvelle doit amener à consulter son médecin, sans attendre la date du prochain dépistage.
- Masse ou nodule nouveau dans le sein ou l’aisselle.
- Modification de la peau : rétraction, aspect en peau d’orange, rougeur persistante.
- Modification du mamelon : rétraction récente, écoulement, notamment sanglant.
- Gonflement d’un sein apparu des mois ou des années après la pose, sans cause évidente.
- Changement de forme, de consistance ou de position d’un implant.
- Douleur persistante inexpliquée.
Un gonflement tardif autour d’un implant justifie un bilan, car il peut correspondre à un épanchement dont la cause doit être recherchée, y compris un lymphome rare associé aux implants. La FDA invite les patientes présentant un gonflement ou une douleur persistants à consulter un chirurgien ou un professionnel de santé. Le plus souvent, ces signes ont une cause bénigne, mais ils méritent une évaluation.
L’autopalpation avec des implants
Avec des implants, l’autopalpation consiste à apprendre à distinguer la glande de l’implant. Le bord de l’implant, ses éventuels plis ou ondulations sont normaux et souvent sensibles au toucher, sans signification grave. Demandez à votre chirurgien ou à votre médecin de vous montrer ce qui est normal pour vous. Pour les ondulations visibles, voir notre article sur le rippling des prothèses mammaires.
Quels profils illustrent ces situations ?
Les exemples suivants sont fictifs et simplifiés. Ils montrent comment le parcours d’imagerie s’adapte à chaque situation, sans remplacer l’avis de votre médecin.
Exemple fictif 1 : dépistage de routine, implants derrière le muscle
Une femme de l’âge du dépistage, porteuse d’implants en silicone placés derrière le muscle depuis plusieurs années, sans symptôme. Elle signale ses implants à la prise de rendez-vous et apporte sa carte d’implant. L’examen comprend les clichés standard et les incidences d’Eklund, faciles à réaliser grâce au plan rétromusculaire. Le radiologue ajoute une échographie en raison d’une glande dense.
Exemple fictif 2 : coque et glande peu visible
Une femme porteuse d’implants placés devant le muscle a une coque d’un côté. L’incidence d’Eklund est difficile et inconfortable de ce côté. Le radiologue s’appuie davantage sur l’échographie et signale les limites de l’examen dans son compte rendu. Le médecin oriente ensuite la patiente vers un chirurgien pour discuter de la coque.
Exemple fictif 3 : suspicion de rupture
Une femme porteuse d’implants en silicone anciens remarque un changement de forme d’un sein. L’échographie évoque une rupture. Une IRM est demandée pour confirmer et préciser si le gel est resté dans la capsule. Le résultat permet ensuite de discuter d’un changement ou d’un retrait des implants.
Exemple fictif 4 : opérée à l’étranger sans document
Une femme opérée il y a quelques années ne retrouve plus sa carte d’implant. Elle contacte l’équipe qui l’a opérée pour obtenir la référence de ses implants et le compte rendu opératoire, puis les apporte à son examen. Le radiologue peut ainsi interpréter les images en sachant s’il s’agit d’implants en silicone, lisses ou texturés.
Comment organiser votre suivi après une augmentation réalisée en Tunisie ?
Un suivi d’imagerie bien organisé commence avant même l’intervention : bilan initial si votre âge ou vos antécédents le justifient, documents complets à la sortie, et calendrier de dépistage habituel au retour. Le suivi se fait ensuite près de chez vous, avec votre médecin et votre radiologue.
Check-list du suivi
- Avant le départ : derniers examens d’imagerie mammaire, si votre médecin les juge utiles.
- À la sortie : carte d’implant, compte rendu opératoire, consignes écrites.
- Au retour : informer votre médecin traitant et votre gynécologue de l’intervention.
- Aux échéances du dépistage : prévenir le centre de vos implants, apporter vos documents et anciens examens.
- Au fil des années : surveiller l’aspect de vos implants et discuter du suivi de leur intégrité avec votre chirurgien ou votre radiologue.
- En cas de symptôme : consulter sans attendre la prochaine échéance.
Penser au long terme
Les implants peuvent nécessiter un changement au cours de la vie. Notre article sur le bon moment pour changer ses prothèses explique les situations qui y conduisent. Si vous envisagez une première augmentation, notre page sur l’augmentation mammaire par prothèses rondes présente un type d’implant fréquemment utilisé, et la page dédiée à l’augmentation mammaire en Tunisie décrit le parcours.
Le tarif d’une augmentation dépend de la technique et des implants choisis ; il est établi sur devis. Pour préparer votre projet en intégrant dès le départ les questions de suivi, vous pouvez faire une demande de devis personnalisée en précisant vos antécédents et vos derniers examens mammaires.
Questions fréquentes
Les implants retardent-ils le diagnostic d’un cancer du sein ?
Les implants peuvent masquer une partie de la glande sur la mammographie, c’est pourquoi des incidences d’Eklund et souvent une échographie sont ajoutées. Avec ces adaptations, le dépistage reste possible. L’essentiel est de signaler ses implants, de respecter le calendrier de dépistage et de consulter rapidement en cas de modification d’un sein.
Faut-il un centre de radiologie spécialisé pour les implants ?
Il n’est pas toujours nécessaire d’aller dans un centre spécialisé, mais il est préférable de choisir un centre habitué aux patientes porteuses d’implants. Posez la question lors de la prise de rendez-vous. Un manipulateur expérimenté réalise plus facilement les incidences d’Eklund et adapte mieux la compression.
La tomosynthèse est-elle possible avec des implants ?
La tomosynthèse, parfois appelée mammographie en 3D, peut être utilisée chez certaines femmes porteuses d’implants, selon l’équipement et les pratiques du centre. Elle ne supprime pas la nécessité d’adapter le positionnement. Le radiologue décide de son intérêt dans votre cas.
Les implants en sérum physiologique posent-ils les mêmes questions ?
Ils masquent aussi une partie de la glande et nécessitent les mêmes précautions de positionnement. En revanche, leur rupture se voit en général facilement, car le sein se dégonfle en quelques jours. L’IRM est donc surtout discutée pour les implants en gel de silicone, dont la rupture peut rester silencieuse.
Peut-on faire une mammographie si l’on soupçonne une rupture ?
Oui, mais la mammographie n’est pas l’examen le plus performant pour évaluer une rupture d’implant en silicone. L’échographie est souvent réalisée en premier, et l’IRM sert à confirmer ou préciser le diagnostic. Signalez votre suspicion au médecin qui prescrit l’examen, afin qu’il choisisse l’examen le plus adapté.
Les hommes porteurs d’implants pectoraux sont-ils concernés ?
Les implants pectoraux masculins sont différents des implants mammaires et placés sous le muscle. Il n’existe pas de dépistage organisé du cancer du sein chez l’homme. En revanche, toute masse ou modification de la région doit être signalée à un médecin, qui choisira l’examen adapté en sachant qu’un implant est présent.
Que faire si le compte rendu signale un examen limité par les implants ?
Ce type de mention indique que certaines zones sont moins bien visibles. Le radiologue peut avoir déjà ajouté une échographie, ou proposer un autre examen. Discutez-en avec votre médecin, qui décidera si un complément est utile. Conservez ce compte rendu pour permettre la comparaison lors du prochain examen.
Le radiologue peut-il voir si mes implants sont texturés ?
L’imagerie ne permet pas toujours de connaître avec certitude la surface ou le modèle d’un implant. C’est pourquoi la carte d’implant et le compte rendu opératoire sont précieux. Si vous ne les avez plus, l’équipe qui vous a opérée peut en général retrouver ces informations dans votre dossier.
Faut-il arrêter le déodorant avant une mammographie avec implants ?
Comme pour toute mammographie, il est souvent conseillé d’éviter déodorant, talc et crème sur les seins et les aisselles le jour de l’examen, car certains produits peuvent laisser des traces sur les images. Les implants ne changent rien à cette consigne. Suivez les instructions données par le centre lors de la prise de rendez-vous.