Oui, une explantation mammaire, c’est-à-dire le retrait des prothèses sans en poser de nouvelles, est une intervention possible et de plus en plus demandée. Elle peut être réalisée seule, avec le retrait de la capsule qui entoure l’implant, ou associée à un lifting ou à un lipofilling pour améliorer l’aspect des seins. Le résultat esthétique dépend surtout du volume des implants, de leur ancienneté, de la quantité de glande restante et de la qualité de la peau.
À retenir
- Retirer ses prothèses sans les remplacer est un choix légitime ; aucune règle n’oblige à garder des implants toute sa vie.
- La capsule fibreuse qui entoure l’implant peut être laissée, retirée en partie ou en totalité, selon son état et la raison du retrait.
- Après le retrait, les seins sont plus petits et peuvent paraître vidés ou tombants ; la peau se rétracte en partie sur plusieurs mois.
- Un lifting et/ou un lipofilling peuvent être associés, dans le même temps ou plus tard, pour améliorer la forme.
- Des symptômes généraux attribués aux implants sont encore mal compris : le retrait ne peut pas garantir leur disparition.
Qu’est-ce qu’une explantation mammaire sans remplacement ?
L’explantation mammaire désigne le retrait chirurgical des implants mammaires. Lorsqu’elle est réalisée sans remplacement, la patiente choisit de ne plus porter de prothèses, contrairement à un changement d’implants où de nouveaux dispositifs sont posés dans le même temps.
Cette intervention est parfois appelée « dépose » ou « ablation » des prothèses. Elle ne se résume pas toujours au simple retrait de l’implant : le chirurgien peut aussi traiter la capsule, remodeler la glande ou ajouter de la graisse. Le terme recouvre donc des interventions de complexité très variable, d’un geste relativement court à une chirurgie de remodelage complète.
Explantation, changement, retrait avec lifting : les différences
| Intervention | Ce qui est fait | Volume final |
|---|---|---|
| Explantation seule | Retrait des implants, capsule laissée ou retirée | Volume de la glande naturelle uniquement |
| Explantation avec capsulectomie | Retrait de l’implant et de tout ou partie de la capsule | Volume de la glande naturelle |
| Explantation avec lifting | Retrait, puis remontée de l’aréole et resserrement de l’enveloppe | Volume naturel, forme remodelée |
| Explantation avec lipofilling | Retrait, puis injection de graisse prélevée sur le corps | Volume naturel augmenté de façon modérée |
| Changement de prothèses | Retrait et pose de nouveaux implants | Volume choisi avec les nouveaux implants |
Si vous hésitez encore entre retirer et remplacer, notre article sur le moment de changer ses prothèses mammaires détaille les situations qui conduisent à un remplacement. Le présent article se concentre sur le choix de ne pas en remettre.
Pourquoi certaines femmes choisissent-elles de retirer leurs prothèses sans les remplacer ?
Les raisons sont médicales, esthétiques ou personnelles, et souvent mêlées. Certaines femmes souffrent d’une complication, d’autres ne se reconnaissent plus dans un volume choisi des années plus tôt, d’autres encore ne souhaitent plus porter un dispositif médical qui demande une surveillance.
La Société américaine de chirurgie plastique rappelle que les implants mammaires ne sont pas des dispositifs à vie, et qu’une capsule devenue dure et douloureuse ou une détérioration de l’enveloppe de l’implant peuvent justifier un retrait (American Society of Plastic Surgeons, retrait des implants mammaires).
Les raisons médicales
- Contracture capsulaire : la capsule se durcit, déforme le sein et peut devenir douloureuse. Voir notre article sur les causes et traitements de la contracture capsulaire.
- Rupture de l’implant : l’enveloppe se fissure, parfois sans symptôme. Les signes et les solutions sont décrits dans notre article sur les ruptures d’implants mammaires.
- Infection ou exposition de l’implant, situations où le retrait est souvent nécessaire.
- Lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants (LAGC-AIM) : une forme rare de lymphome qui se développe autour de l’implant. Lorsqu’il est confirmé, le retrait de l’implant et de la capsule est en général recommandé.
- Douleurs chroniques attribuées à l’implant, après un bilan qui en recherche la cause.
Les raisons esthétiques
- Volume devenu trop important au regard de la silhouette ou des goûts actuels.
- Implant visible, palpable, ou ondulations sur les bords. Les solutions sans retrait sont présentées dans notre article sur le rippling des prothèses mammaires.
- Implant déplacé, asymétrie apparue avec le temps.
- Poitrine qui a évolué après grossesse, variations de poids ou vieillissement, avec un implant qui ne correspond plus à la glande.
Les raisons personnelles
Beaucoup de femmes expliquent simplement qu’elles ne souhaitent plus porter un corps étranger, qu’elles veulent éviter de futurs changements d’implants, ou que leur rapport à leur corps a évolué. Ces motivations sont légitimes et n’ont pas à être justifiées par une complication. Le rôle du chirurgien est alors de vérifier que les attentes sur le résultat sont réalistes.
Que faut-il savoir sur le lymphome associé aux implants avant de décider ?
Le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants (LAGC-AIM) est une forme rare de lymphome qui se développe dans le liquide ou la capsule autour de la prothèse. Il motive parfois des questions sur l’explantation, mais sa rareté ne justifie pas à elle seule un retrait chez une femme sans symptôme.
D’après les déclarations recueillies par la FDA, la plupart des cas rapportés concernent des implants à surface texturée, et les manifestations les plus fréquemment décrites sont un épanchement de liquide autour de l’implant (sérome), un gonflement ou une douleur du sein, et plus rarement une masse au contact de la prothèse. L’agence précise que ce système de déclaration ne permet pas, à lui seul, de connaître la fréquence réelle de la maladie.
Les situations qui doivent amener à consulter
- Un sein qui gonfle plusieurs mois ou plusieurs années après la pose, sans traumatisme ni cause évidente.
- Une masse palpable près de l’implant ou dans l’aisselle.
- Une douleur persistante ou une modification inhabituelle de la forme du sein.
- Une rougeur ou une induration de la peau qui ne s’explique pas.
Dans ces cas, un bilan d’imagerie est réalisé et, si un épanchement est présent, une ponction peut être faite pour analyser le liquide. Le diagnostic, puis la prise en charge, relèvent d’équipes habituées à cette pathologie. Le choix de retirer ou non des implants en l’absence de symptôme se discute avec le chirurgien, en connaissant le type exact de vos implants : d’où l’importance de garder vos documents d’implant.
Que sait-on des symptômes généraux attribués aux implants ?
Certaines patientes décrivent des symptômes généraux qu’elles relient à leurs implants, regroupés sous le nom anglais de « breast implant illness ». Ces symptômes et leurs causes restent mal compris, et le retrait ne garantit pas leur disparition.
La FDA (agence américaine des produits de santé), page sur les risques et complications des implants mammaires, cite notamment la fatigue, des troubles de la mémoire, des éruptions cutanées, un « brouillard mental » et des douleurs articulaires. Elle précise que ces symptômes et leur origine sont mal compris et font l’objet de recherches. Elle indique aussi que certaines patientes rapportent une amélioration après le retrait des implants sans remplacement, sans présenter cela comme un résultat établi.
Une démarche prudente
- Faire évaluer ces symptômes par votre médecin traitant, car ils peuvent avoir d’autres causes qui méritent d’être recherchées et traitées.
- Discuter avec le chirurgien de ce que l’on peut raisonnablement attendre du retrait, sans promesse.
- Prendre le temps de la décision, en sachant que l’explantation reste possible quelle que soit l’issue du bilan.
Un chirurgien sérieux ne promet ni guérison, ni absence de symptômes après l’intervention. Il ne refuse pas non plus d’entendre une demande de retrait : il l’accompagne avec une information équilibrée.
Faut-il retirer la capsule en même temps que les prothèses ?
Pas systématiquement. La capsule est un tissu fibreux que le corps forme naturellement autour de tout implant ; son retrait dépend de son état, de la raison de l’explantation, et d’une évaluation des bénéfices et des risques par le chirurgien.
La FDA indique que le chirurgien peut retirer l’implant seul, ou retirer également la capsule, de façon totale, partielle ou « en bloc », et qu’en cas de LAGC-AIM confirmé, le retrait de l’implant et de la capsule environnante est en général préconisé. Elle invite à discuter de la meilleure méthode et des risques de la chirurgie et de l’anesthésie avec le chirurgien.
Les différentes options
| Option | Description | Situations où elle est discutée |
|---|---|---|
| Capsule laissée en place | Seul l’implant est retiré | Capsule fine et souple, sans anomalie, absence de rupture de gel |
| Capsulectomie partielle | Une partie de la capsule est retirée | Capsule épaisse par endroits, ou adhérente à des structures délicates |
| Capsulectomie totale | Toute la capsule est retirée, parfois en plusieurs fragments | Contracture, calcifications, capsule épaissie |
| Capsulectomie « en bloc » | Implant et capsule retirés d’un seul tenant, sans ouvrir la capsule | LAGC-AIM confirmé, rupture avec gel silicone dans la capsule, selon l’avis du chirurgien |
Les contreparties d’une capsulectomie étendue
Retirer toute la capsule n’est pas un geste anodin. Lorsque l’implant était placé sous le muscle, la face profonde de la capsule peut adhérer aux côtes et aux muscles intercostaux ; sa dissection expose à des saignements et, rarement, à une lésion de la plèvre. L’intervention est plus longue, l’incision parfois plus large, et la pose de drains plus fréquente. C’est pourquoi la capsulectomie totale ou en bloc n’est pas indiquée par principe chez toutes les patientes : elle se discute selon les raisons du retrait et l’état de la capsule.
Ce qui est fait de la capsule et de l’implant
Selon les cas, la capsule peut être envoyée en analyse anatomopathologique, par exemple en présence d’un épanchement inexpliqué, d’une masse ou d’un aspect inhabituel. Vous pouvez demander au chirurgien ce qui est prévu pour la capsule retirée et si une analyse sera réalisée. Les informations sur l’implant (marque, modèle, numéro de série) sont précieuses : conservez votre carte ou document d’implant et transmettez-les à l’équipe.
À quoi ressemblent les seins après une explantation ?
Après le retrait, les seins sont plus petits et peuvent paraître vidés, aplatis ou plus tombants, surtout au début. La peau se rétracte en partie dans les mois qui suivent, mais son adaptation dépend de plusieurs facteurs que le chirurgien évalue avant l’intervention.
Il est utile de se préparer à cette transition. Pendant quelques semaines, les seins peuvent paraître irréguliers, avec des zones creuses ou des plis, le temps que l’œdème disparaisse et que la peau s’adapte. Le résultat se juge en général après plusieurs mois.
Les facteurs qui influencent l’aspect final
| Facteur | Plutôt favorable | Plutôt défavorable |
|---|---|---|
| Volume des implants | Implants de petit volume | Implants volumineux ayant distendu la peau |
| Ancienneté | Implants posés depuis peu | Implants portés de nombreuses années |
| Glande restante | Glande de volume correct | Glande atrophiée, très fine |
| Qualité de la peau | Peau élastique, peu de vergetures | Peau fine, distendue, vergetures |
| Ptose préexistante | Aréole bien placée | Aréole sous le sillon sous-mammaire |
| Histoire de vie | Poids stable, pas de grossesse depuis la pose | Grossesses, allaitement, perte de poids depuis la pose |
| Plan de pose | Variable selon les cas | Variable selon les cas |
Le cas des implants placés sous le muscle
Lorsque l’implant était placé sous le muscle pectoral, le muscle peut se replacer contre la paroi thoracique après le retrait. Certaines patientes remarquent alors une modification de l’aspect du sein lors de la contraction du muscle, qui tend à s’atténuer. Le chirurgien peut parfois réaliser un geste pour repositionner le muscle. Le choix initial du plan de pose et ses conséquences sont expliqués dans notre article sur la prothèse placée sous ou devant le muscle.
Ce qui ne revient pas forcément
Il faut savoir que la poitrine ne retrouve pas toujours son aspect d’avant l’augmentation. Les années, les grossesses et l’implant lui-même ont modifié la glande et la peau. La forme d’origine, et la façon dont elle avait été analysée à l’époque, est un bon point de départ pour anticiper ; le lien entre forme de départ et choix opératoire est développé dans notre article sur la forme initiale de la poitrine.
Quand faut-il associer un lifting à l’explantation ?
Un lifting est discuté lorsque l’aréole est déjà basse avant le retrait, ou lorsque l’on anticipe un excédent de peau important une fois l’implant enlevé. Il remonte l’aréole et resserre l’enveloppe pour redonner une forme plus ferme à une poitrine de volume naturel.
L’évaluation se fait en mesurant la position de l’aréole par rapport au sillon sous-mammaire et en estimant le volume de glande. Les degrés de ptose utilisés par les chirurgiens sont décrits dans notre article sur la classification de la ptose mammaire.
Lifting dans le même temps ou plus tard ?
Les deux approches existent et se discutent au cas par cas.
- Dans le même temps : une seule anesthésie, une seule convalescence, résultat plus rapide. Cette option est souvent proposée lorsque la ptose est nette et prévisible avant l’intervention.
- En deux temps : on retire d’abord les implants, puis on laisse la peau se rétracter pendant plusieurs mois avant de décider d’un éventuel lifting. Cette stratégie peut éviter un lifting inutile si la peau se rétracte bien, ou permettre un geste plus juste. Elle est parfois préférée lorsque la capsulectomie est étendue ou que la vascularisation des tissus pose question.
Pour comprendre ce qu’un lifting apporte avec ou sans volume ajouté, voir l’article lifting mammaire avec ou sans prothèses.
Les cicatrices du lifting
Le lifting ajoute des cicatrices : autour de l’aréole, parfois verticalement sous l’aréole, et parfois dans le sillon sous-mammaire. Leur étendue dépend de la quantité de peau à retirer. Elles s’atténuent en général avec le temps mais restent visibles de près. C’est un compromis à peser : certaines patientes préfèrent une poitrine un peu tombante sans cicatrice supplémentaire, d’autres préfèrent une forme plus ferme avec des cicatrices.
Le lipofilling peut-il remplacer le volume des prothèses ?
Le lipofilling permet d’ajouter un peu de volume et d’améliorer la forme après une explantation, mais il ne remplace pas à l’identique le volume d’un implant. Il convient aux patientes qui acceptent une poitrine plus petite et qui disposent de réserves graisseuses suffisantes.
La graisse est prélevée par une fine liposuccion sur une zone donneuse (ventre, flancs, cuisses), préparée, puis réinjectée dans les seins. Une partie de la graisse injectée se résorbe dans les semaines qui suivent, et une seconde séance est parfois proposée. Les zones de prélèvement fréquentes comme les flancs sont décrites dans notre article sur la liposuccion des flancs chez la femme.
Ce que le lipofilling apporte après l’explantation
- Remplir un pôle supérieur creusé après le retrait.
- Adoucir les irrégularités ou les creux liés à la capsule ou au muscle.
- Corriger une petite asymétrie de volume.
- Améliorer l’épaisseur des tissus.
Ses limites
- Gain de volume modéré, variable d’une personne à l’autre.
- Résultat moins prévisible qu’avec un implant, en raison de la résorption partielle.
- Nécessité de zones donneuses suffisantes.
- Possibles kystes huileux ou zones de cytostéatonécrose, qui peuvent apparaître à l’imagerie et demander une interprétation par un radiologue expérimenté.
Le lipofilling peut être réalisé dans le même temps que l’explantation ou plus tard, une fois les tissus cicatrisés. Certains chirurgiens préfèrent attendre, en particulier après une capsulectomie importante, pour injecter la graisse dans des tissus mieux vascularisés. Notre article sur le lipofilling mammaire en Tunisie détaille la technique elle-même.
Quels examens faire avant une explantation ?
Un bilan d’imagerie mammaire est en général demandé avant l’intervention, pour connaître l’état des implants et de la glande. Il est complété par une consultation d’anesthésie et des examens adaptés à votre état de santé.
L’imagerie permet de vérifier l’intégrité des implants, de rechercher un épanchement ou une masse autour de la prothèse, et de faire le point sur la glande mammaire elle-même. Le choix entre échographie, mammographie et IRM dépend de votre âge, de vos antécédents et de la question posée. Les modalités de l’imagerie avec des prothèses sont détaillées dans notre article sur la mammographie quand on a des prothèses.
Check-list avant la consultation
- Carte ou document d’implant : marque, modèle, volume, numéro de série, date de pose.
- Compte rendu opératoire de la pose initiale et de toute réintervention.
- Derniers examens d’imagerie mammaire, avec images si possible.
- Liste de vos traitements et antécédents médicaux.
- Photos récentes de face, de profil et de trois quarts.
- Description de vos symptômes éventuels et de leur évolution.
Les examens habituellement prévus avant une réintervention sur implants sont présentés dans notre article sur les examens avant un changement de prothèses ; la plupart s’appliquent aussi à une explantation.
Médicaments et tabac
Signalez tous vos traitements, y compris les anticoagulants, l’aspirine, les compléments alimentaires et les traitements hormonaux. Leur éventuelle adaptation avant l’intervention se décide avec votre médecin, le prescripteur ou l’anesthésiste, jamais seule. Le tabac augmente le risque de troubles de cicatrisation, en particulier en cas de lifting associé : l’arrêter le plus tôt possible est fortement conseillé.
Comment se déroule l’intervention ?
L’explantation se fait le plus souvent sous anesthésie générale. Sa durée varie beaucoup selon les gestes associés : un retrait simple est plus court qu’un retrait avec capsulectomie totale, lifting et lipofilling.
Les grandes étapes
- Marquage en position debout, surtout si un lifting est prévu.
- Incision : souvent dans le sillon sous-mammaire, parfois en reprenant l’ancienne cicatrice ou celle du lifting. Une capsulectomie complète peut demander une incision plus longue que celle de la pose.
- Retrait de l’implant et, selon le plan, de tout ou partie de la capsule.
- Gestes associés : repositionnement du muscle, lifting, lipofilling.
- Drainage éventuel : des drains peuvent être laissés quelques jours, surtout après une capsulectomie étendue.
- Fermeture et mise en place d’un pansement et d’un soutien-gorge adapté.
Hospitalisation
Selon les gestes et l’organisation de l’équipe, l’intervention peut se faire en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation. Pour une patiente venant de l’étranger, la durée du séjour sur place est adaptée pour permettre le contrôle post-opératoire et, le cas échéant, le retrait des drains avant le retour.
Comment se passe la récupération après une explantation ?
La récupération est en général un peu plus simple qu’après la pose initiale, surtout en cas de retrait simple. Elle s’allonge lorsque l’intervention comprend une capsulectomie étendue, un lifting ou un lipofilling.
La Société américaine de chirurgie plastique indique qu’après le retrait, la patiente porte en général des pansements et un soutien-gorge ou un vêtement de maintien, que des drains peuvent être placés, et que la cicatrisation se poursuit pendant plusieurs semaines à mesure que le gonflement diminue.
Calendrier indicatif de convalescence
| Période | Ce qui est habituel | Points d’attention |
|---|---|---|
| Premiers jours | Douleur modérée, gêne à l’effort des bras, fatigue | Antalgiques prescrits, repos, surveillance des drains s’il y en a |
| Première et deuxième semaine | Reprise des activités légères, œdème présent | Pas de port de charge, pas de sport, soutien-gorge selon consignes |
| Premier mois | Diminution progressive de l’œdème, seins encore irréguliers | Reprise du travail selon l’activité et l’avis du chirurgien |
| Deuxième et troisième mois | Reprise progressive du sport, peau qui commence à se rétracter | Éviter les exercices intenses des pectoraux avant l’accord du chirurgien |
| Six mois à un an | Forme qui se stabilise, cicatrices qui s’éclaircissent | Moment habituel pour juger le résultat et discuter d’un geste complémentaire |
Ces durées sont données en fourchettes prudentes : elles varient selon les gestes réalisés, votre état de santé et les consignes de votre chirurgien.
Le sérome après explantation
Après le retrait, l’espace laissé par l’implant peut se remplir de liquide (sérome), surtout si la capsule est laissée en place. Les drains, la compression et parfois certains gestes chirurgicaux visent à limiter ce risque. Un gonflement qui réapparaît ou augmente après quelques jours doit être signalé à l’équipe : une ponction peut être nécessaire.
L’aspect psychologique
Voir sa poitrine plus petite, parfois moins ferme, peut être déstabilisant, même lorsque le retrait était souhaité. Il est fréquent de passer par une phase de doute pendant les premières semaines, le temps que l’œdème disparaisse et que l’on s’habitue à sa nouvelle silhouette. Se préparer à cette transition, éventuellement avec l’aide d’un professionnel si l’image de soi est fragile, fait partie d’une démarche réfléchie.
Comment prendre soin de ses seins pendant la convalescence ?
Les soins après une explantation reposent sur trois piliers : le maintien de la poitrine, la protection des cicatrices et une reprise progressive des mouvements. Les consignes précises viennent de votre chirurgien et peuvent différer selon les gestes réalisés.
Le soutien-gorge et la compression
Un soutien-gorge souple et maintenant, sans armature, ou une brassière de compression est en général porté jour et nuit pendant les premières semaines. Il limite l’œdème, aide la peau à se replacer sur la glande et réduit le risque de sérome dans l’ancienne loge. Certains chirurgiens ajoutent une bande ou une compression ciblée sur le pôle supérieur. La durée de port est fixée par l’équipe ; ne l’interrompez pas plus tôt sans avis.
Les cicatrices
Les pansements sont changés selon le protocole indiqué. Une fois la cicatrice bien fermée, des soins d’hydratation et parfois des plaques ou gels de silicone peuvent être proposés. La protection solaire est importante pendant les premiers mois, car une cicatrice exposée au soleil risque de pigmenter. Une cicatrice qui s’épaissit, démange beaucoup ou devient rouge et en relief doit être montrée au chirurgien.
Les mouvements et le quotidien
- Marcher dès les premiers jours, pour la circulation sanguine.
- Éviter de lever les bras au-dessus des épaules et de porter des charges pendant la période indiquée.
- Dormir sur le dos, le buste légèrement surélevé, les premières semaines.
- Reprendre la conduite seulement lorsque les mouvements sont libres et sans traitement qui altère la vigilance.
- Reporter bains, piscine et hammam jusqu’à la cicatrisation complète.
Si une zone reste dure, si un sein redevient gonflé après avoir dégonflé, ou si la douleur s’accentue, contactez l’équipe : ces évolutions ne sont pas forcément graves, mais elles méritent un avis.
Quels sont les risques d’une explantation ?
Comme toute chirurgie, l’explantation comporte des risques, qui augmentent avec l’étendue des gestes. Le chirurgien doit vous les exposer et les mettre en balance avec les bénéfices attendus dans votre cas.
- Hématome : accumulation de sang qui peut nécessiter une reprise chirurgicale.
- Sérome : accumulation de liquide dans l’ancienne loge.
- Infection, généralement traitée par antibiotiques, plus rarement par un drainage.
- Troubles de cicatrisation, plus fréquents chez les fumeuses et en cas de lifting.
- Modifications de sensibilité de l’aréole ou de la peau.
- Asymétrie, irrégularités, creux, parfois améliorables par un geste secondaire.
- Complications liées à la capsulectomie profonde : saignement, et rarement atteinte de la plèvre.
- Insatisfaction esthétique : aspect vidé ou tombant plus marqué que prévu.
- Risques de l’anesthésie, à discuter avec l’anesthésiste.
Les signes qui doivent faire consulter sans délai
- Gonflement rapide, tendu et douloureux d’un sein, avec ou sans ecchymose qui s’étend.
- Fièvre, frissons, rougeur qui s’étend, écoulement purulent ou malodorant.
- Essoufflement, douleur thoracique à la respiration : appeler les urgences.
- Douleur ou gonflement d’un mollet.
- Aréole qui devient très pâle, bleutée ou noirâtre, surtout après un lifting.
Ces signes ne sont pas fréquents, mais ils ne doivent pas être banalisés. Après votre retour, gardez les coordonnées de l’équipe et identifiez un médecin ou un service d’urgence près de chez vous.
Explantation ou nouvelles prothèses : comment décider ?
La décision repose sur vos priorités : ne plus porter d’implant, garder un certain volume, limiter les cicatrices, éviter de futures réinterventions. Aucune option n’est meilleure dans l’absolu ; il s’agit de trouver celle qui correspond à votre situation et à vos attentes.
| Question à se poser | Plutôt vers l’explantation | Plutôt vers un changement |
|---|---|---|
| Je ne veux plus de corps étranger | Oui | Non |
| Je tiens à garder un volume nettement supérieur au mien | Non | Oui |
| J’accepte une poitrine plus petite et éventuellement des cicatrices de lifting | Oui | Indifférent |
| Je veux éviter de futurs changements d’implants | Oui | Non |
| J’ai eu des complications répétées sur mes implants | Souvent | À discuter |
Si vous envisagez plutôt un remplacement, notre article sur le changement de prothèses mammaires présente cette option. Pour un premier rappel de ce qu’implique un implant rond, voir notre page sur l’augmentation mammaire par prothèses rondes.
Quels profils illustrent les différentes stratégies ?
Les situations suivantes sont des exemples fictifs, simplifiés, pour montrer comment se construit une décision. Elles ne remplacent pas une consultation.
Exemple fictif 1 : petits implants, peau de bonne qualité
Une femme porte depuis quelques années des implants de petit volume, sans complication. Sa glande est correcte, son aréole bien placée. Elle ne souhaite plus porter d’implant. Une explantation simple est discutée, la capsule pouvant être laissée si elle est souple et sans anomalie à l’imagerie. Le chirurgien la prévient d’un aspect transitoirement vidé.
Exemple fictif 2 : implants volumineux depuis longtemps, ptose
Une femme porte depuis de nombreuses années des implants volumineux. Elle a eu deux grossesses depuis la pose. Son aréole est nettement sous le sillon. Après retrait, la peau risque de rester distendue. Le chirurgien discute un lifting, dans le même temps ou dans un second temps, et éventuellement un lipofilling pour remplir le haut du sein.
Exemple fictif 3 : coque douloureuse
Une femme présente une coque gênante et douloureuse d’un côté. Elle ne veut pas de nouvel implant. L’imagerie ne montre pas de rupture. Le chirurgien propose une explantation bilatérale avec capsulectomie du côté de la coque et une évaluation de la capsule de l’autre côté, puis évoque un lipofilling ultérieur si elle le souhaite.
Exemple fictif 4 : symptômes généraux
Une femme décrit fatigue et douleurs articulaires qu’elle relie à ses implants. Son médecin traitant a réalisé un bilan sans trouver de cause. Elle souhaite un retrait. Le chirurgien accepte l’intervention, explique les options de capsulectomie et leurs risques, et précise clairement qu’il ne peut pas garantir l’amélioration de ses symptômes.
Comment savoir si l’explantation seule suffira dans votre cas ?
L’explantation seule, sans lifting ni lipofilling, donne en général les résultats les plus satisfaisants lorsque les implants étaient de volume modéré, que la glande est encore bien présente et que l’aréole est bien placée. Plus ces conditions s’éloignent, plus un geste complémentaire devient probable.
Le chirurgien peut vous aider à anticiper en examinant la poitrine avec les implants en place, en mesurant la position de l’aréole et en estimant l’épaisseur de la glande par la palpation et l’imagerie. Il n’existe pas de test parfait qui prédise l’aspect après le retrait, mais certains repères aident à se projeter.
Les repères favorables à une explantation seule
- Aréole située au-dessus du sillon sous-mammaire ou à son niveau.
- Glande palpable d’épaisseur correcte, notamment au pôle supérieur.
- Implants de petit à moyen volume par rapport à votre morphologie.
- Peau souple, peu marquée de vergetures.
- Acceptation d’une poitrine plus petite et éventuellement moins ronde en haut.
Les repères qui font discuter un geste complémentaire
- Aréole nettement plus basse que le sillon, ou orientée vers le bas.
- Glande très fine, implant qui « porte » à lui seul toute la forme du sein.
- Implants volumineux, portés depuis longtemps, ayant distendu la peau.
- Asymétrie marquée, déjà présente ou apparue avec le temps.
- Souhait de conserver un certain galbe au pôle supérieur.
Lorsque la situation est incertaine, une explantation en premier temps suivie d’une réévaluation après rétraction de la peau est une stratégie raisonnable. Elle demande un peu de patience, mais permet de décider du geste complémentaire sur des tissus stabilisés, et parfois de constater qu’il n’est pas nécessaire.
Comment la surveillance des seins se poursuit-elle après le retrait ?
Après une explantation, le suivi mammaire redevient celui d’une femme sans implant : dépistage habituel selon votre âge et vos antécédents, et consultation en cas d’anomalie. Les premiers examens d’imagerie peuvent toutefois montrer des traces de l’intervention, qu’il faut savoir interpréter.
Une capsule laissée en place, une cicatrice interne, des calcifications ou des zones de graisse remaniée après un lipofilling peuvent apparaître sur les images. Ce sont le plus souvent des aspects connus, mais ils doivent être signalés au radiologue pour éviter des examens inutiles ou une inquiétude injustifiée.
Ce qu’il est utile de transmettre au radiologue
- La date de l’explantation et le compte rendu opératoire.
- Le fait que la capsule a été retirée totalement, partiellement ou laissée en place.
- La réalisation d’un lipofilling et sa date.
- Vos anciens examens d’imagerie, pour permettre une comparaison.
Si une partie de la capsule est restée en place, elle peut parfois contenir un peu de liquide ou présenter des calcifications visibles au fil des années. La plupart du temps, cela ne pose pas de problème, mais toute modification nouvelle doit être évaluée. Votre gynécologue ou votre médecin traitant peuvent coordonner ce suivi.
Quelles questions poser au chirurgien avant une explantation ?
Une bonne consultation d’explantation répond à trois questions : ce qui sera retiré, à quoi ressemblera la poitrine, et comment se passera la convalescence. Préparer vos questions à l’avance aide à obtenir des réponses précises et adaptées à votre cas.
- Que prévoyez-vous pour la capsule, et pourquoi ce choix dans mon cas ?
- La capsule ou le liquide éventuel seront-ils analysés ?
- Quelle cicatrice allez-vous utiliser, et sera-t-elle plus longue que l’ancienne ?
- Comment pensez-vous que mes seins vont évoluer dans les mois qui suivent ?
- Un lifting est-il nécessaire maintenant, ou peut-on attendre de voir la rétraction de la peau ?
- Le lipofilling est-il adapté à ma silhouette, et quel gain peut-on raisonnablement espérer ?
- Des drains sont-ils prévus, et combien de temps faut-il rester sur place ?
- Quels signes doivent m’amener à vous contacter après mon retour ?
- Quelles sont les possibilités en cas de résultat qui ne me convient pas ?
Des réponses claires, qui n’éludent ni les limites ni les risques, sont un bon signe. Méfiez-vous d’un discours qui promettrait un retour exact à la poitrine d’avant l’augmentation ou la disparition certaine de symptômes généraux.
Comment préparer une explantation réalisée à l’étranger ?
Une explantation réalisée loin de chez soi demande la même préparation qu’une autre chirurgie mammaire : dossier complet, séjour suffisamment long pour le contrôle post-opératoire, et organisation du suivi au retour.
- Transmettez vos documents d’implant et vos examens d’imagerie avant le départ.
- Prévoyez un séjour compatible avec la surveillance des drains et un contrôle avant le vol.
- Demandez un compte rendu opératoire précisant ce qui a été fait de la capsule et, le cas échéant, le résultat de son analyse.
- Prévoyez un suivi au retour : médecin traitant, gynécologue ou chirurgien local, en cas de question.
- Évitez les efforts importants, comme porter des valises lourdes, dans les jours qui suivent.
Notre page sur l’ablation des prothèses mammaires avec lifting ou lipofilling présente le parcours proposé. Le tarif dépend des gestes associés et s’établit sur devis personnalisé : pour obtenir une analyse de votre dossier, vous pouvez envoyer une demande de devis avec vos documents d’implant, vos examens récents et vos photos.
Questions fréquentes
Peut-on retirer un seul implant et garder l’autre ?
C’est techniquement possible, mais rarement souhaitable sur le plan esthétique, car l’asymétrie de volume serait marquée. Cette option peut se discuter dans une situation particulière, par exemple une complication d’un seul côté chez une patiente qui envisage de remplacer l’autre implant plus tard. En pratique, le retrait bilatéral est le plus souvent proposé.
Le retrait des implants laisse-t-il une nouvelle cicatrice ?
Le chirurgien réutilise souvent l’ancienne cicatrice lorsque c’est possible. Une capsulectomie complète peut toutefois nécessiter une incision plus longue, souvent dans le sillon sous-mammaire. Si un lifting est associé, des cicatrices supplémentaires autour de l’aréole, et parfois verticales, s’ajoutent. Le schéma prévu doit vous être expliqué avant l’intervention.
Combien de temps faut-il pour que la peau se rétracte après le retrait ?
La rétraction est progressive et se poursuit en général pendant plusieurs mois. Elle varie selon l’élasticité de la peau, le volume des implants retirés et leur ancienneté. C’est pourquoi certains chirurgiens préfèrent attendre plusieurs mois avant de décider d’un lifting secondaire, afin de juger l’aspect réel une fois les tissus stabilisés.
Peut-on allaiter après une explantation ?
La possibilité d’allaiter dépend surtout de l’état de la glande et des canaux, et de la technique utilisée lors de la pose et de l’explantation, notamment si un lifting touche l’aréole. Beaucoup de femmes peuvent allaiter, mais aucune garantie ne peut être donnée. Abordez ce projet en consultation pour que le chirurgien en tienne compte.
Faut-il une anesthésie générale pour retirer des prothèses ?
L’anesthésie générale est la plus courante, surtout en cas de capsulectomie, de lifting ou de lipofilling. Dans certaines situations limitées, une anesthésie locale avec sédation peut se discuter. Le choix revient à l’anesthésiste et au chirurgien, selon les gestes prévus et votre état de santé.
L’explantation fait-elle disparaître un risque de lymphome ?
Le lymphome associé aux implants est rare, et le retrait chez une femme sans symptôme n’est pas une indication systématique : il se discute au cas par cas avec le chirurgien, selon le type d’implant et votre situation. En revanche, un gonflement tardif, une masse ou une douleur persistante autour de l’implant doivent toujours être explorés, quel que soit votre choix.
Peut-on reposer des implants plus tard après une explantation ?
Oui, une nouvelle augmentation reste possible ultérieurement si vous changez d’avis, après cicatrisation complète. Le chirurgien évaluera l’état des tissus, la présence éventuelle de cicatrices internes et la qualité de la couverture. Cette possibilité ne doit cependant pas pousser à une décision hâtive : prenez le temps de réfléchir avant l’explantation.
Le sport est-il possible rapidement après le retrait ?
La marche est en général encouragée dès les premiers jours. La reprise du sport se fait progressivement, sur plusieurs semaines, en évitant d’abord les exercices sollicitant les bras et les pectoraux. Le délai dépend des gestes associés, comme un lifting ou une capsulectomie étendue, et doit être validé par votre chirurgien.