Sinus lift : en quoi consiste cette greffe avant implant ?

Le sinus lift est une greffe osseuse qui consiste à soulever délicatement la membrane qui tapisse le sinus maxillaire, puis à placer un matériau de comblement sous cette membrane pour recréer la hauteur d’os nécessaire à un implant dans la région des prémolaires et molaires du haut. Il se réalise par une petite fenêtre latérale ou par la voie crestale, à travers le site de l’implant, et l’implant est posé soit dans la même séance, soit après une cicatrisation qui dure en général plusieurs mois.

À retenir

  • Le sinus lift, ou élévation du plancher sinusien, sert à compenser un manque de hauteur d’os sous le sinus maxillaire, fréquent après la perte d’une dent du fond de la mâchoire supérieure.
  • La voie latérale permet de gagner davantage de hauteur ; la voie crestale, moins invasive, convient lorsque la perte d’os est plus modérée.
  • Le choix entre pose simultanée de l’implant et pose différée dépend surtout de la quantité d’os résiduel et de la stabilité que l’implant peut obtenir.
  • La complication la plus surveillée est la perforation de la membrane sinusienne ; une revue systématique associe des taux de perforation plus élevés à une moins bonne survie des implants.
  • Après l’intervention, il faut protéger le sinus : ne pas se moucher fort, éternuer bouche ouverte, éviter les variations de pression et suivre les consignes sur le tabac.

Qu’est-ce qu’un sinus lift exactement ?

C’est une intervention de chirurgie pré-implantaire qui augmente le volume d’os disponible sous le sinus maxillaire. Elle ne touche pas le nez et ne modifie pas l’apparence du visage : tout se passe à l’intérieur de la bouche, au niveau de la gencive et de l’os de la mâchoire supérieure.

Le sinus maxillaire, une cavité au-dessus des dents du fond

Les sinus maxillaires sont deux cavités remplies d’air situées dans l’os des pommettes, de part et d’autre du nez. Leur plancher se trouve juste au-dessus des racines des prémolaires et des molaires supérieures. Chez certaines personnes, les racines de ces dents sont même très proches de la cavité sinusienne. L’intérieur du sinus est tapissé par une fine muqueuse, appelée membrane de Schneider, comparable à une peau très délicate. C’est cette membrane que le chirurgien décolle et soulève pendant un sinus lift.

Pourquoi l’os manque-t-il à cet endroit ?

Deux phénomènes se conjuguent. D’une part, après l’extraction ou la perte d’une dent, l’os qui la soutenait n’est plus stimulé par la mastication et se résorbe progressivement, en hauteur comme en largeur. D’autre part, le sinus a tendance à s’agrandir vers le bas lorsque la dent n’est plus là, un phénomène appelé pneumatisation. Résultat : entre la gencive et le plancher du sinus, il ne reste parfois qu’une fine couche d’os, insuffisante pour ancrer un implant de longueur standard. Une maladie parodontale ancienne, une infection autour d’une racine ou une extraction difficile peuvent accentuer cette perte osseuse.

Les différents noms de l’intervention

Selon les praticiens, vous pouvez entendre parler de sinus lift, d’élévation du plancher sinusien, de comblement sinusien ou de soulevé de sinus. Tous ces termes désignent le même principe. On précise parfois la technique : sinus lift par voie latérale, aussi appelée technique de la fenêtre, ou sinus lift par voie crestale, parfois appelé soulevé de sinus par ostéotomes. Le sinus lift est l’une des formes de greffe osseuse dentaire ; les autres techniques, qui augmentent la largeur ou la hauteur de l’os ailleurs dans la bouche, sont présentées dans l’article consacré à la greffe osseuse dentaire.

Dans quels cas un sinus lift est-il nécessaire avant un implant ?

Il est envisagé lorsque l’examen radiologique montre que la hauteur d’os sous le sinus est trop faible pour placer un implant stable dans la zone des prémolaires ou molaires supérieures. La décision dépend de la mesure de l’os, du nombre de dents à remplacer, de l’état du sinus et de votre santé générale.

La hauteur d’os résiduelle, critère principal

L’implant doit être entouré d’une quantité d’os suffisante pour s’y intégrer durablement, c’est ce qu’on appelle l’ostéo-intégration. Lorsque la hauteur disponible est faible, l’implant risque de manquer de stabilité, voire de pénétrer dans le sinus. Les seuils retenus pour proposer une voie crestale, une voie latérale ou une pose différée varient selon les auteurs, les systèmes d’implants et l’expérience du chirurgien : il n’existe pas de chiffre unique valable pour tous. C’est la lecture du scanner, associée à l’examen clinique, qui permet au chirurgien de choisir.

Le nombre de dents à remplacer

Pour une seule dent, un soulevé localisé par voie crestale peut suffire si la perte osseuse est modérée. Pour plusieurs dents contiguës, ou lorsque le sinus est très descendu, la voie latérale offre un accès plus large et permet de combler une zone plus étendue en une seule intervention. Le plan de traitement global, qui précise s’il s’agit d’implants unitaires, d’un bridge sur implants ou d’une réhabilitation plus large, influence donc directement le choix de la technique.

Les alternatives au sinus lift

Le sinus lift n’est pas toujours la seule option. Selon la situation, le chirurgien peut discuter :

  • des implants courts, conçus pour les situations où la hauteur d’os est limitée, lorsque la qualité de l’os et la charge prévue le permettent ;
  • des implants inclinés, placés en avant ou en arrière du sinus pour l’éviter, surtout dans les réhabilitations complètes ;
  • des implants zygomatiques, ancrés dans l’os de la pommette, réservés à des situations de perte osseuse très importante et à des équipes entraînées ;
  • un bridge classique appuyé sur les dents voisines, lorsque celles-ci nécessitent déjà des couronnes ;
  • une prothèse amovible, qui ne demande pas de chirurgie osseuse.

Les différences de principe entre implant, bridge et couronne sont détaillées dans l’article sur la différence entre implant, bridge et couronne. Chaque option a ses avantages, ses limites et ses contraintes d’entretien, qui doivent être exposés lors de la consultation.

Les situations qui imposent la prudence

Certaines situations augmentent le risque de complication ou demandent un traitement préalable :

  • une sinusite aiguë ou chronique non traitée, des polypes ou un épaississement important de la muqueuse sinusienne ;
  • le tabagisme, qui altère la vascularisation et la cicatrisation, développé dans l’article sur l’implant dentaire chez le fumeur ;
  • un diabète mal équilibré, dont l’impact est abordé dans l’article consacré à l’implant dentaire en cas de diabète ;
  • une maladie parodontale active sur les autres dents, qui doit être stabilisée avant toute chirurgie implantaire ;
  • des antécédents de radiothérapie de la tête et du cou ou certains traitements agissant sur l’os, qui imposent un avis spécialisé et une concertation avec le médecin prescripteur ;
  • des troubles de la coagulation ou des traitements anticoagulants, à gérer avec le médecin traitant ou le prescripteur, jamais par un arrêt décidé seul.

Quels examens sont réalisés avant un sinus lift ?

Un examen d’imagerie en trois dimensions est indispensable, en général un cone beam ou un scanner dentaire. Il est complété par un examen clinique complet de la bouche, un questionnaire médical et parfois un avis ORL.

Le cone beam ou scanner dentaire

La radiographie panoramique classique donne une vue d’ensemble, mais elle ne permet pas de mesurer précisément l’os disponible ni d’analyser le sinus. Le cone beam fournit des coupes dans les trois dimensions. Il permet au chirurgien de mesurer la hauteur et la largeur de l’os, de repérer d’éventuelles cloisons osseuses à l’intérieur du sinus (appelées septa), qui compliquent le décollement de la membrane, de visualiser le trajet de petites artères dans la paroi du sinus et d’évaluer l’état de la muqueuse sinusienne.

L’avis ORL lorsque le sinus pose question

Si l’imagerie montre un épaississement de la muqueuse, un kyste ou un niveau de liquide, ou si vous souffrez de sinusites à répétition, d’allergies nasales importantes ou d’une obstruction du nez, le chirurgien peut demander l’avis d’un ORL. Un sinus qui se draine mal augmente le risque d’infection après la greffe. Il est parfois nécessaire de traiter le problème sinusien avant de programmer l’intervention.

Check-list à préparer pour la consultation

  • Vos radiographies et scanners dentaires récents, sur support numérique si possible.
  • La liste complète de vos traitements, y compris ceux qui agissent sur la coagulation ou sur l’os.
  • Vos antécédents de sinusite, d’allergie, de chirurgie du nez ou des sinus.
  • Vos habitudes : tabac, cigarette électronique, consommation d’alcool.
  • Les dents déjà extraites et la date approximative des extractions.
  • Vos attentes : nombre de dents à remplacer, contraintes de calendrier, nombre de séjours possibles.

Voie latérale ou voie crestale : quelle différence ?

La voie latérale passe par une petite fenêtre ouverte dans la paroi externe du sinus, au-dessus des dents ; elle permet un comblement important. La voie crestale passe par le trou préparé pour l’implant, depuis le sommet de la crête osseuse ; elle est moins invasive mais permet un gain de hauteur plus limité.

Critère Voie latérale (fenêtre) Voie crestale
Accès Petite fenêtre dans la paroi externe du sinus, après décollement de la gencive À travers le site de forage de l’implant, depuis le sommet de la crête
Situation type Hauteur d’os très faible, plusieurs dents à remplacer Perte de hauteur plus modérée, souvent une ou deux dents
Contrôle de la membrane Visualisation directe de la membrane Décollement « à l’aveugle », contrôlé par des instruments spécifiques
Gain de hauteur Important Plus limité
Suites opératoires Gonflement et ecchymoses souvent plus marqués Suites en général plus légères
Pose de l’implant Simultanée ou différée selon l’os résiduel Le plus souvent dans la même séance
Complications décrites Perforation de la membrane, sinusite, déhiscence, exposition du greffon Moins de perforations et de sinusites dans la revue citée ; vertige positionnel rapporté dans certaines études

Le déroulement d’un sinus lift par voie latérale

L’intervention se fait le plus souvent sous anesthésie locale, parfois associée à une sédation selon l’anxiété du patient et la durée prévue. Le chirurgien incise la gencive et la décolle pour exposer l’os de la paroi externe du sinus. Il dessine ensuite une petite fenêtre dans cette paroi, à l’aide d’instruments rotatifs, d’inserts piézoélectriques ou d’autres outils selon ses habitudes. La membrane de Schneider, visible à travers la fenêtre, est alors décollée progressivement de l’os et soulevée vers le haut, comme on soulèverait le fond d’une tente. L’espace créé sous la membrane est rempli avec le matériau de comblement. La fenêtre est souvent recouverte d’une membrane de protection résorbable, puis la gencive est refermée par des points de suture.

Le déroulement d’un sinus lift par voie crestale

Ici, le chirurgien prépare le logement de l’implant en s’arrêtant juste sous le plancher du sinus. Il fracture ensuite très doucement cette fine couche d’os restante, avec des instruments appelés ostéotomes, des forets spécifiques ou des techniques de condensation de l’os, ce qui soulève la membrane par en dessous. Un peu de matériau de comblement peut être glissé sous la membrane, puis l’implant est inséré dans la foulée. Le geste est plus court et moins invasif, mais le chirurgien ne voit pas directement la membrane : il contrôle le décollement par des tests et par la sensation des instruments.

Ce que disent les revues de la littérature

Une revue systématique portant sur 74 études et plus de 4 000 élévations du plancher sinusien a analysé les complications des deux voies d’abord. Elle rapporte davantage de perforations de membrane et de sinusites après la voie latérale qu’après la voie crestale, et signale des vertiges positionnels paroxystiques bénins dans certaines études portant sur la voie crestale (Hsu et al., Clinical Implant Dentistry and Related Research, 2022). Les auteurs soulignent que le profil de complications diffère selon la technique et qu’il doit être pris en compte dans la planification. Il faut garder à l’esprit que les deux voies ne sont pas utilisées dans les mêmes situations : la voie latérale est souvent choisie pour des cas où l’os est plus déficient, ce qui complique la comparaison directe.

Comment le chirurgien choisit-il ?

Le choix repose sur plusieurs éléments combinés : la hauteur d’os résiduelle, l’anatomie du sinus (présence de cloisons, épaisseur de la membrane, forme du plancher), le nombre d’implants, la qualité de l’os et l’expérience de l’opérateur. Il n’y a pas de technique supérieure dans l’absolu. Une bonne question à poser en consultation est : « Pourquoi cette technique dans mon cas, et que se passerait-il si la membrane se déchirait pendant l’intervention ? ».

Quels matériaux de comblement sont utilisés ?

Le sinus peut être comblé avec de l’os prélevé chez le patient, avec des substituts osseux d’origine humaine, animale ou synthétique, ou avec un mélange de ces matériaux. Dans certains cas, le chirurgien soulève la membrane sans ajouter de greffon, en laissant le caillot sanguin jouer le rôle de support.

Les principales familles de matériaux

  • L’os autogène, prélevé chez le patient, souvent dans la zone opérée elle-même, au menton ou à l’angle de la mâchoire. Il contient des cellules vivantes, mais son prélèvement crée un second site opératoire et la quantité disponible est limitée.
  • Les allogreffes, issues d’os humain provenant de banques de tissus, traité et sécurisé selon des procédures réglementées.
  • Les xénogreffes, le plus souvent d’origine bovine ou porcine, débarrassées de leur composante organique. Elles se résorbent lentement et servent de charpente à la formation d’os nouveau.
  • Les substituts synthétiques, à base de phosphates de calcium, qui ne posent pas de question d’origine animale ou humaine.
  • Les concentrés plaquettaires, préparés à partir d’une prise de sang du patient, parfois ajoutés au comblement ou utilisés pour protéger la membrane ; leur intérêt fait l’objet de recherches et ne fait pas consensus pour toutes les indications.

Si l’origine du matériau pose pour vous une question personnelle, religieuse ou éthique, signalez-le avant l’intervention : il existe en général une alternative.

Le soulevé sans greffon

Lorsque l’implant peut être stabilisé dans l’os résiduel, certains chirurgiens soulèvent la membrane et posent l’implant sans matériau de comblement. L’espace créé se remplit de sang, qui coagule et peut progressivement être remplacé par de l’os nouveau autour de l’extrémité de l’implant. Cette option n’est pas adaptée à toutes les situations et dépend de l’appréciation du chirurgien.

L’implant est-il posé en même temps que le sinus lift ?

Pas toujours. Lorsque l’os restant suffit à stabiliser l’implant dès sa mise en place, il est souvent posé pendant la même intervention ; sinon, le chirurgien comble d’abord le sinus et pose l’implant dans un second temps, après plusieurs mois de cicatrisation.

La pose simultanée

Elle évite une seconde chirurgie et raccourcit la durée totale du traitement. Elle suppose que l’implant obtienne une stabilité primaire suffisante, c’est-à-dire qu’il soit bien maintenu dans l’os dès sa pose, malgré la faible hauteur disponible. La voie crestale s’accompagne presque toujours d’une pose simultanée. Pour la voie latérale, c’est possible lorsque l’os résiduel le permet.

La pose différée

Lorsque l’os est trop mince pour stabiliser l’implant, le sinus est d’abord comblé seul. Le matériau doit ensuite être colonisé par de l’os nouveau avant de pouvoir recevoir l’implant. Ce délai dépend du matériau utilisé, du volume comblé et des habitudes du chirurgien ; il se compte en général en mois, souvent autour de six mois, parfois moins ou davantage. Un nouvel examen d’imagerie permet de vérifier le volume obtenu avant la pose de l’implant.

Le délai avant la couronne définitive

Après la pose de l’implant, il faut encore attendre son intégration dans l’os avant de le charger avec la couronne définitive. Dans une zone greffée, ce délai est en général plus prudent que dans un os natif. La mise en charge immédiate, qui consiste à fixer une dent provisoire très rapidement sur l’implant, est rarement retenue dans un sinus greffé ; ses indications sont expliquées dans l’article sur la mise en charge immédiate d’un implant.

Étape Pose simultanée Pose différée
Première intervention Sinus lift et implant Sinus lift seul
Cicatrisation de la gencive Une à deux semaines en général Une à deux semaines en général
Maturation du greffon Pendant l’intégration de l’implant Plusieurs mois avant la pose de l’implant
Deuxième intervention Aucune pour l’implant Pose de l’implant après contrôle d’imagerie
Intégration de l’implant Plusieurs mois Plusieurs mois après sa pose
Couronne définitive Après validation de l’intégration Après validation de l’intégration

La durée globale d’un traitement implantaire, avec ou sans greffe, est détaillée dans l’article sur la durée d’un traitement par implant dentaire.

Comment se passent la cicatrisation et les suites opératoires ?

Les suites sont en général comparables à celles d’une extraction dentaire un peu difficile : gonflement de la joue, parfois une ecchymose, une gêne modérée pendant quelques jours et éventuellement un léger saignement par le nez. Le principal enjeu des premières semaines est de protéger la membrane du sinus et le greffon des variations de pression.

Les premiers jours

Le gonflement atteint souvent son maximum dans les deux ou trois jours qui suivent l’intervention, puis diminue progressivement. Une ecchymose peut apparaître sur la joue ou sous l’œil, surtout après une voie latérale. Un petit saignement nasal ou des sécrétions légèrement teintées de sang sont possibles. La douleur est le plus souvent modérée et contrôlée par les antalgiques prescrits ; sa prise en charge pratique est détaillée dans l’article sur la douleur après la pose d’un implant. Le chirurgien peut aussi prescrire des antibiotiques, des bains de bouche et parfois un traitement décongestionnant ; leur choix et leur durée relèvent de sa décision, dans le respect des principes de bon usage rappelés dans l’article sur les antibiotiques après une chirurgie.

Les consignes spécifiques au sinus

  • Ne pas se moucher fort pendant la période indiquée par le chirurgien ; essuyer simplement le nez.
  • Éternuer bouche ouverte, pour ne pas envoyer la pression vers le sinus.
  • Ne pas boire avec une paille et ne pas souffler dans un instrument à vent.
  • Éviter la plongée sous-marine et les efforts importants pendant la cicatrisation.
  • Demander l’avis du chirurgien avant de prendre l’avion, en raison des variations de pression en cabine.
  • Ne pas fumer : le tabac compromet la vascularisation du greffon.
  • Ne pas appuyer sur la zone avec la langue ou les doigts, et ne pas soulever la lèvre pour regarder la cicatrice.

Calendrier indicatif des suites

  • Jour de l’intervention : compresses froides sur la joue, alimentation tiède et molle, repos la tête légèrement surélevée.
  • Premiers jours : gonflement maximal puis décroissance, brossage doux des autres dents, bains de bouche selon prescription.
  • Première à deuxième semaine : retrait des points s’ils ne sont pas résorbables, contrôle de la cicatrisation de la gencive.
  • Premières semaines : poursuite des précautions vis-à-vis du sinus, mastication du côté opposé.
  • Mois suivants : maturation du greffon, contrôles programmés, puis imagerie avant la pose de l’implant ou de la couronne.

Si vous portez une prothèse amovible

Une prothèse amovible qui appuie sur la zone greffée peut gêner la cicatrisation. Le chirurgien peut vous demander de ne pas la porter pendant quelques jours, puis de la faire retoucher pour qu’elle ne comprime pas la gencive. Ce point est à anticiper si vous devez rapidement retrouver une vie sociale ou professionnelle.

Quels sont les risques et complications d’un sinus lift ?

Le sinus lift est une intervention courante en implantologie, mais elle comporte des risques qu’il faut connaître. La complication la plus fréquemment discutée est la perforation de la membrane sinusienne pendant l’intervention ; viennent ensuite la sinusite, l’infection ou l’exposition du greffon, et plus rarement la perte du greffon ou de l’implant.

La perforation de la membrane

La membrane de Schneider est fine et peut se déchirer au moment du décollement, en particulier en présence de cloisons osseuses ou lorsqu’elle est très mince. Une petite perforation peut souvent être réparée pendant l’intervention, par exemple avec une membrane de protection, et la greffe peut se poursuivre. Une déchirure plus large peut conduire le chirurgien à interrompre le comblement et à reprogrammer l’intervention après cicatrisation. Une méta-analyse en réseau portant sur plus de 5 000 procédures a montré que des taux de perforation plus élevés étaient significativement associés à une moins bonne survie des implants, et que certaines techniques semblaient associées à un risque de perforation plus faible au sein de chaque voie d’abord (Lee et al., International Journal of Oral and Maxillofacial Implants, 2023). Les auteurs appellent toutefois à des essais comparatifs pour confirmer ces résultats.

La sinusite et l’infection du greffon

Une infection peut se développer dans le matériau de comblement ou dans le sinus lui-même. Elle se manifeste par une douleur qui augmente au lieu de diminuer, un gonflement qui réapparaît après quelques jours, de la fièvre, un écoulement nasal purulent d’un seul côté, une mauvaise odeur ou un mauvais goût dans la bouche. Elle nécessite un traitement rapide, parfois le retrait partiel ou total du greffon.

L’ouverture de la cicatrice et l’exposition du greffon

Si la gencive s’entrouvre, des grains de matériau peuvent apparaître ou s’échapper par la plaie. Ce n’est pas forcément grave, mais cela doit être signalé au chirurgien, qui décidera de la conduite à tenir. Le tabac, une prothèse qui appuie sur la zone et une hygiène insuffisante augmentent ce risque.

Le vertige positionnel après voie crestale

Les impacts répétés des ostéotomes sur l’os, lors de la voie crestale, ont été associés dans certaines études à un vertige positionnel paroxystique bénin, c’est-à-dire de brèves sensations de vertige lors de certains mouvements de la tête. Ce trouble est en général bien pris en charge par des manœuvres simples réalisées par un médecin ou un kinésithérapeute spécialisé, mais il doit être signalé.

L’échec du greffon ou de l’implant

Le greffon peut ne pas se consolider suffisamment, et l’implant peut ne pas s’intégrer ou se desserrer à distance. Les causes, les signes et les solutions sont détaillés dans l’article sur l’échec ou le rejet d’un implant dentaire, et le cas particulier d’un implant mobile est traité dans l’article sur l’implant dentaire qui bouge.

Signes qui doivent faire contacter l’équipe sans attendre

  • Une douleur qui augmente après le troisième ou quatrième jour au lieu de diminuer.
  • Un gonflement qui réapparaît ou s’étend vers l’œil.
  • Une fièvre, des frissons, un écoulement nasal purulent ou malodorant.
  • Un saignement abondant par la bouche ou par le nez qui ne cède pas à une compression.
  • Le passage d’air ou de liquide entre la bouche et le nez en buvant.
  • Des grains de matériau qui sortent par la plaie ou par le nez.
  • Des troubles de la vision, un gonflement important de la paupière ou une forte fièvre, qui justifient de consulter un service d’urgence.

Comment organiser un sinus lift dans le cadre d’un séjour en Tunisie ?

Un traitement avec sinus lift se déroule presque toujours en plusieurs étapes espacées de plusieurs mois, ce qui implique en général au moins deux séjours. Il faut donc construire le calendrier dès le départ avec l’équipe, en tenant compte des consignes sur l’avion et du suivi entre deux séjours.

Un traitement en plusieurs temps

Le premier séjour comprend le bilan, l’imagerie et l’intervention, puis les premiers jours de surveillance avant le retour. Le second séjour, plusieurs mois plus tard, est consacré à la pose de l’implant si elle a été différée, ou à la réalisation de la couronne définitive. Selon le plan de traitement, un séjour intermédiaire peut être nécessaire. Le guide pratique sur le sinus lift en Tunisie présente l’organisation de ces étapes.

Le vol de retour

Les variations de pression en cabine peuvent solliciter le sinus opéré. Le délai à respecter avant de reprendre l’avion est fixé par le chirurgien en fonction de la technique utilisée et de l’aspect de la cicatrisation. Il faut donc prévoir quelques jours de séjour après l’intervention et éviter de réserver un vol trop rapproché sans son accord.

Le suivi entre deux séjours

Entre les deux étapes, il est utile d’avoir un dentiste de proximité qui peut vous examiner en cas de problème. Les photos et les comptes rendus transmis à l’équipe permettent aussi un suivi à distance. Pensez à demander le compte rendu opératoire précisant la technique, le matériau utilisé et le cas échéant la référence de l’implant. L’hygiène quotidienne de la zone, puis de l’implant une fois posé, conditionne la durée de vie du traitement ; elle est détaillée dans l’article sur l’entretien d’un implant dentaire.

La question du coût

Le sinus lift s’ajoute au traitement implantaire et son coût dépend de la technique, du matériau et du nombre de sites. Le prix est établi sur devis, après analyse du scanner ; les éléments qui influencent le budget d’un implant sont présentés dans l’article sur le prix d’un implant dentaire en Tunisie.

Exemples de situations : faut-il un sinus lift ?

Les profils suivants sont des exemples fictifs, destinés à illustrer le raisonnement du chirurgien. Ils ne remplacent pas un examen et un scanner.

Exemple fictif : Nadia, une molaire perdue il y a plusieurs années

Nadia, 52 ans, a perdu sa première molaire supérieure droite il y a longtemps et n’a jamais remplacé la dent. Le scanner montre un sinus descendu et une hauteur d’os très réduite. Le chirurgien lui propose un sinus lift par voie latérale, avec une pose de l’implant différée de plusieurs mois. Il lui explique aussi l’alternative d’un bridge sur les dents voisines, déjà couronnées, et les avantages et limites de chaque option.

Exemple fictif : Marc, une extraction récente

Marc, 45 ans, vient de perdre une prémolaire supérieure fracturée. L’os est un peu réduit en hauteur, mais suffisant pour stabiliser un implant. Le chirurgien envisage une voie crestale avec pose simultanée de l’implant, en un seul temps chirurgical. Marc fume quelques cigarettes par jour ; le chirurgien lui demande d’arrêter, en lui expliquant l’impact du tabac sur la cicatrisation du greffon.

Exemple fictif : Leïla, des sinusites à répétition

Leïla, 39 ans, souhaite remplacer deux molaires supérieures. Elle souffre de sinusites fréquentes et le scanner montre un épaississement important de la muqueuse sinusienne. Avant toute greffe, le chirurgien l’oriente vers un ORL. L’intervention ne sera programmée qu’une fois le sinus évalué et, si nécessaire, traité.

Exemple fictif : Paul, un projet uniquement esthétique

Paul, 34 ans, a toutes ses dents mais souhaite améliorer la forme et la couleur de ses incisives. Il a entendu parler du sinus lift sur un forum et se demande s’il est concerné. Le chirurgien lui explique que cette intervention ne concerne que le remplacement de dents absentes dans le fond de la mâchoire supérieure, et que son projet relève plutôt de la dentisterie esthétique, par exemple des facettes, dont certaines peuvent être posées avec une préparation minimale comme le décrit l’article sur la facette dentaire sans limer.

Comment se préparer au jour de l’intervention ?

Une bonne préparation réduit le stress et certains risques : bouche assainie, sinus en bon état, traitements médicaux discutés à l’avance et logistique des premiers jours organisée. La plupart de ces points se règlent lors de la consultation préalable.

Dans les semaines qui précèdent

  • Faire réaliser un détartrage et traiter les caries ou les infections dentaires en cours, pour réduire la charge bactérienne de la bouche.
  • Signaler tout rhume, toute poussée de sinusite ou toute allergie saisonnière : l’intervention est souvent reportée si le sinus est enflammé.
  • Discuter avec le médecin prescripteur des traitements qui agissent sur la coagulation ou sur l’os ; aucun traitement ne doit être interrompu sans son avis.
  • Engager l’arrêt du tabac le plus tôt possible, avec un accompagnement si nécessaire.
  • Prévoir quelques jours de repos social : le gonflement et une éventuelle ecchymose peuvent être visibles.

Le jour même

  • Prendre un repas léger avant l’intervention si elle se fait sous anesthésie locale seule, sauf consigne contraire en cas de sédation.
  • Venir accompagné si une sédation est prévue, car la conduite sera déconseillée ensuite.
  • Avoir à disposition à l’hébergement de la glace ou des poches de froid, des aliments mous et des oreillers pour surélever la tête.
  • Garder sur soi l’ordonnance et les coordonnées de l’équipe pour joindre le chirurgien en cas de question.

Que devient le sinus à long terme après la greffe ?

Lorsque la greffe a bien pris, le sinus conserve son fonctionnement normal : la membrane soulevée cicatrise au-dessus du nouvel os et continue d’assurer le drainage habituel. Le volume greffé peut diminuer un peu avec le temps, ce que le chirurgien anticipe dans sa planification.

Le remodelage du greffon

Le matériau de comblement est progressivement remplacé, en partie ou en totalité selon son type, par de l’os nouveau. Pendant ce remodelage, une partie du volume initial peut se résorber. Les matériaux à résorption lente sont souvent choisis pour limiter cette perte de hauteur. Une fois l’implant posé et mis en fonction, les forces de mastication contribuent à entretenir l’os qui l’entoure.

Les contrôles au fil des années

Un implant posé dans un sinus greffé se surveille comme les autres : contrôles réguliers chez le dentiste, radiographies selon les besoins et nettoyage professionnel. Les maladies autour de l’implant, comme l’inflammation de la gencive ou la perte d’os progressive, se préviennent par une hygiène quotidienne rigoureuse et un suivi régulier. Si vous développez plus tard une sinusite, signalez au médecin qui vous soigne que vous avez eu un sinus lift : cette information l’aide à interpréter une éventuelle imagerie, sur laquelle le greffon apparaît comme une zone dense.

Ce que la greffe ne fait pas

Le sinus lift recrée un support osseux, mais il ne protège pas contre les causes qui ont conduit à la perte de la dent. Si celle-ci était due à une maladie des gencives, il faut la traiter et la surveiller durablement, faute de quoi elle peut aussi toucher l’implant. De même, le bruxisme ou une mastication déséquilibrée doivent être pris en compte dans la conception de la future couronne.

Comment savoir si l’on est un bon candidat ?

Seul un examen clinique complété par une imagerie en trois dimensions permet de répondre. Les meilleurs candidats ont une bouche saine, un sinus sans pathologie active, une bonne hygiène bucco-dentaire, pas de tabagisme ou un arrêt possible, et des maladies générales stabilisées.

Les questions à poser en consultation

  • Quelle est la hauteur d’os disponible et pourquoi faut-il une greffe dans mon cas ?
  • Quelle voie d’abord est prévue et pourquoi ?
  • Quel matériau sera utilisé, et quelle est son origine ?
  • L’implant sera-t-il posé en même temps ou plus tard ?
  • Combien de séjours et combien de mois faut-il prévoir au total ?
  • Que se passe-t-il si la membrane se perfore pendant l’intervention ?
  • Quand pourrai-je reprendre l’avion ?
  • Existe-t-il une alternative sans greffe adaptée à ma situation ?

Les extractions préalables

Il arrive que des dents doivent être extraites avant le traitement, par exemple des dents de sagesse infectées ou des racines fracturées. Le calendrier de ces extractions et leur impact sur le plan de traitement sont abordés dans l’article qui explique s’il faut extraire les dents de sagesse avant un traitement.

Si vous envisagez un implant dans la mâchoire supérieure et souhaitez savoir si un sinus lift est nécessaire dans votre cas, vous pouvez transmettre vos radiographies ou votre scanner récent via la demande de devis en ligne : l’équipe étudiera votre dossier et vous indiquera le plan de traitement envisageable et le calendrier des séjours.

Questions fréquentes

Un sinus lift est-il douloureux ?

L’intervention se fait sous anesthésie locale, parfois avec une sédation, et n’est pas douloureuse pendant le geste. Les jours suivants, la plupart des patients décrivent une gêne modérée, un gonflement de la joue et parfois une sensation de pression dans le sinus, en général contrôlés par les antalgiques prescrits. Une douleur qui augmente après quelques jours au lieu de diminuer doit être signalée au chirurgien.

Le sinus lift modifie-t-il la voix ou la respiration ?

Non, le volume comblé est situé dans la partie basse du sinus, au-dessus des racines dentaires, et ne modifie ni la voix ni la respiration nasale de façon durable. Une sensation de nez un peu bouché ou de légères sécrétions sont possibles les premiers jours. Si une obstruction nasale ou des écoulements persistent, il faut en parler au chirurgien.

Peut-on faire un sinus lift en cas de rhinite allergique ?

Une rhinite allergique n’est pas en soi une contre-indication, mais elle doit être bien contrôlée au moment de l’intervention, car les éternuements répétés et l’inflammation de la muqueuse peuvent gêner la cicatrisation. Le chirurgien peut demander un avis ORL ou ajuster la date en dehors des périodes de forte exposition aux allergènes.

Le greffon peut-il passer dans le nez ?

Si la membrane du sinus est perforée et que la perforation n’a pas été réparée, des grains de matériau peuvent migrer dans le sinus et parfois être évacués par le nez. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut éviter de se moucher fort. Si vous constatez des grains dans vos sécrétions nasales, prévenez le chirurgien, qui jugera s’il faut un contrôle.

Combien de temps dure l’intervention ?

La durée dépend de la technique et du nombre de sites. Une voie crestale associée à la pose d’un implant est souvent assez courte, comparable à une pose d’implant classique. Une voie latérale demande davantage de temps, surtout si plusieurs implants sont posés dans la même séance. Le chirurgien vous donnera une estimation lors de la consultation.

Peut-on manger normalement après un sinus lift ?

Les premiers jours, une alimentation tiède, molle et mastiquée du côté opposé est recommandée. Il faut éviter les aliments durs, très chauds ou qui laissent des débris dans la plaie. La reprise d’une alimentation normale se fait progressivement, selon la cicatrisation de la gencive et les consignes du chirurgien.

Le sinus lift peut-il être refait en cas d’échec ?

Oui, dans de nombreux cas. Après un échec du greffon ou une infection, le chirurgien attend en général la cicatrisation complète du sinus avant d’envisager une nouvelle intervention. Il réévalue alors les causes de l’échec, comme le tabac, une pathologie sinusienne ou une perforation, et peut proposer une technique différente ou une alternative sans greffe.

Peut-on porter un dentier pendant la cicatrisation ?

Souvent, mais pas immédiatement. La prothèse amovible ne doit pas appuyer sur la zone greffée, car la pression peut gêner la cicatrisation et favoriser l’ouverture de la plaie. Le chirurgien indique pendant combien de temps la retirer et la fait retoucher si nécessaire avant de la remettre en place.

Le sinus lift est-il visible de l’extérieur ?

Non, l’intervention se fait entièrement par la bouche et ne laisse aucune cicatrice sur le visage. Seuls un gonflement de la joue et parfois une ecchymose sont visibles les premiers jours, en particulier après une voie latérale. Ces signes disparaissent en général en une à deux semaines.