Tourisme de bistouri

Le tourisme mondial ne cesse d’aller crescendo. Son taux de croissance connaît d’année en année des hausses remarquables.
Au cours des huit premiers mois de 2006, l’Organisation mondiale du tourisme estime à 578 millions le nombre de touristes de par le monde, soit 4,5% de plus qu’à la même date en 2005.
Au-delà du balnéaire et du soleil qui ont régné, pendant longtemps, en maîtres absolus, un nouveau phénomène est en train de faire recette un peu partout. A savoir le tourisme médical. Opérations de cataracte, lipposucion en Tunisie, pose d’implants mammaires au Maroc, implants dentaires en Thaïlande, Hongrie ou Pologne … le tourisme médical explose et draine des foules immenses en quête de bien-être.

Les dentistes, cardiologues et autres spécialistes se frottent les bistouris pour engranger un maximum de bénéfices, car la plupart offrent leur service à des prix défiant toute concurrence. Ces prix étant en moyenne de 40 à 70% inférieurs à ceux pratiqués en France et dans certains pays de la Vieille Europe.
On estime, entre 100 mille et 150 mille, les étrangers qui se rendent annuellement en Inde pour se faire soigner. Un marché qui aurait rapporté au pays 333 millions d’euros en 2003.
Entre 600 mille et un million choisissent annuellement la Thaïlande pour les mêmes buts, une manne qui rapporta à Bangkok 561 millions d’euros l’année dernière.

En Tunisie, le phénomène est devenu un argument de politique économique et les infrastructures de qualité tournées vers cette offre sont l’une des plus prometteuses. Mis à part la thalassothérapie, la balnéothérapie et autres, la Tunisie est devenue une destination très prisée pour des opérations en tous genres, de la plus bénigne à la plus délicate. Qui sont ces Français, Britanniques, Suisses, Américains prêts à parcourir des milliers de kilomètres pour se soigner dans des pays émergents ou sous-développés?
Il s’agit le plus souvent de patients qui n’ont pas les moyens de payer les tarifs exorbitants de leur pays d’origine pour le même service et la même qualité qu’à l’étranger.

D’autres évoqueront des délais d’attente trop longs pour des soins qui ne sont de surcroît, pas remboursés, à l’instar des implants dentaires. Alors que dans d’autres domaines, la jurisprudence reste très floue.
La Commission européenne, qui redoute que le tourisme médical ne ruine les systèmes sociaux des pays européens, hésite à favoriser ce genre de tourisme. Une consultation avait été lancée en septembre et une proposition est attendue en 2007. En attendant, les migrations continuent.



Source : www.tunishebdo.com.tn


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